La tanière du Shaman

UWISHIN – parce que le chamanisme nous sortira de la crise

   sept 07

Les réducteurs de tête Jivaros et le Tsantza dans le roman Uwishin

Guerrier Shuar

Guerrier Shuar

Le roman Uwishin se déroule en grande partie au sein de tribus Shuars. Les Shuars font parti d’un groupe plus large appelé Jivaros.
Jivaros est un surnom péjoratif donné par les conquistadors qui signifie « sauvage » ou « barbare ». De manière assez amusante ce terme est aujourd’hui repris par les tribus pour désigner ceux des leurs qui s’exhilent pour aller vivre en banlieue des grandes villes. Les Jivaros réunissent des tribus de la forêt du Pérou et d’Equateur. Cette dernière considérations ne datent que des guerres de 1941 avec la vrai séparation de la forêt entre Pérou et Equateur.
Les Jivaros sont avant tout connu aujourd’hui, au delà du chamanisme des guérisseurs curanderos et leur l’ayahuasca, pour leur réputation de réducteurs de têtes.
La premières trace de la férocité des guerriers Jivaros est manifestée par les Incas au milieu du 15ème siècle qui hésitent à leur chercher querelle : en plus d’être de redoutables guerriers maitrisant les poisons et la forêt, ils ne font pas de prisonnier. Le moral des troupes adverses en est un peu entammé.
Pourquoi ne font-ils pas de prisonniers ? Pas uniquement par férocité guerrière, mais aussi car chaque guerrier cherche à s’approprier la force du guerrier adverse qu’il a tué (son Arutam). Hors pour s’approprier cet Arutam, il faut couper la tête de l’adversaire, et se l’approprier, à travers une cérémonie qu’on appelle le Tsantza, que pratique Shakaim dans le roman Uwishin.


Tsantza aux poils de nez longs

Tsantza aux poils de nez longs

En replongeant dans l’histoire, on imagine la terreur des conquistadors face à ces guerriers portant des têtes réduites de leurs ennemis vaincus autour du cou, et le surnom de barbare (jivajo).


Hors, et de manière tout à fait passionnante, il n’y a rien de barbare dans la cérémonie du Tsantza : en réalité le guerrier demande pardon à son ennemi et l’implore de ne pas chercher à se venger. La cérémonie est longue : en général 7 jours, au cours du quel le guerrier chante et travaille la tête de son adversaire jusqu’à ce qu’elle devienne une vrai oeuvre d’art.
Le tout se fini dans un grand banquet, une fête du guerrier avec toute sa tribu.


Ce qui est amusant c’est que dès le milieu du 19ème siècle les européens se prire un goût pour ces têtes réduites « barbares », et se mirent à en acheter et à en importer, pour des musées, des collections particulières… Il fallut trouver des ennemis pour approvisionner un tel marché ! Ils se retrouvèrent même à en faire des faux !! Ah … Ces européens.

Depuis le milieu du 20ème siècle, ces pratiques sont réprimées très fermement par les gouvernement péruvien et équatorien, et on ne les trouve plus que dans le secret des tribus dans les sombres forêt, si tant est qu’on les trouve encore.


Tsantza

Tsantza

Dans le roman Uwishin, Shakaim pratique donc la cérémonie du Tsantza, mais pressé par le temps et peu éduqué à celle-ci, il commet quelques impairs ou raccourci :
tout d’abord la cérémonie durent normalement 7 jours et se termine par un festin. Alors que Shakaim la réalise plus rapidement et st tout seul à la fin.

Par contre dans son déroulement, les invocations à Ayuumpum (esprit de la transition vie/mort), le passage de l’arutam du guerrier vaincu vers Shakaim vainqueur, on retrouve tout à fait l’évolution du rituel.
Shakaim chante aussi un bout du ajaj meset (fin de la haine du guerrier vaincu, que les herbes poussent là où il est mort etc…). Il chante aussi les épisodes de haine et de joie avec l’autre guerrier, afin de se réconcilier avec lui et qu’il ne cherche pas à se venger dans le futur.


D’un point de vue purement technique, pour la réalisation du Tsantza (tête réduite) :
Le guerrier vainqueur coupe la tête du guerrier vaincu, puis la vide totalement (y compris les os, ce qui fera ensuite réduire la tête, d’où le nom).
Ensuite la peau de la tête est plongée dans un bouillon de baies, pendant assez peu de temps (quelques heures). Ainsi les poils et les cheveux restent, mais la tête réduit considérablement (moins d’un tiers de sa taille de départ!).
Ici il y a une différence majeure dans le roman : Shakaim ne sait pas faire cette préparation, et se contente donc de faire chauffer la tête, ce qui a pour effet de faire brûler les poils et cheveux de son tsantza.
Ensuite, théoriquement le guerrier couds les trous des yeux et de la bouche, avant de mettre des caoilloux chauds dans la tête (ce que fait Shakaim dans le roman), puis de combler le tout avec du sable à plusieurs reprises.
Ensuite le guerrier sculpte la forme de la tête, et la « peind » avec un charbon.


Tsantza de Rambo

Tsantza de Rambo

Il n’a plus qu’à percer des trous et s’en faire un pendentif !

Et voilà !! Alors, qu’en pensez vous ? pas si barbares que ça ces Jivaros ! Ca vaut pas la bombe Tsar des Russe ou la MOAB des ricains.



Faites tourner !

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5 Comments

  1. sarah dit :

    yeark…. it’s absolutly terribul…:(

  2. SITH dit :

    dommage que ce résumé soit très orienté anti européen, anti américain et j’en passe…
    Bon, sur le fond, on y apprend ce qu’il y a déjà sur wikipédia avec une sauce personnelle fort peu impartiale….
    l’origine de cette pratique porte quand même sur la « vendetta » pure et simple qui va jusqu’à la mort violente d’un des 2 protagonistes…De plus, l’auteur oublie ( comme par hasard) de mentionner que, pour éviter tout débordement ultérieur, le guerrier vainqueur tue, par précaution et méthodiquement toute la famille de sa victime !! Si c’est pas « barbare » ça, c’est quoi ?? C’est déplorable de falsifier les choses et de comparer des civilisations très différentes. Certes les espagnols conquérants sont aussi très violents dans leurs actes,mais Il me semble que c’est la mode aujourd’hui de déformer les choses et de défendre, jusqu’à l’absurde ces peuples conquis…Quand je dis « jusqu’à l’absurde », c’est qu’on en conclut à la lecture de tout ça que, cet acte, sous couvert d’un rituel, est presque anodin et banal…
    En thèse de fac, ça doit valoir un 2/20 pour ne pas s’en être tenu aux faits…

  3. isabelle dit :

    est-ce que de nos jours nous pouvont toujours « bricoler » ces tetes reduites (tsantza) ?

  4. admin dit :

    Techniquement pour en avoir le rendu « plastique », oui, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas, surtout que pour le coup il ne faut aucun ingrédient très particulier. Beaucoup d’artistes travaillent les corps, et moyennant les autorisations, ça parait possible.
    Par contre, le concept du Tzantza va beaucoup plus loin que juste un tête séchée. On parle encore une fois d’esprit et de force. Durant la cérémonie, le guerrier et sa victime se réconcilie, et la force du vaincu passe dans le vaincoeur. Leurs esprits sont en communion. Déjà les conditions sont plus difficiles à reproduire… D’autant plus que pour se réconcilier il faut avoir été ennemis, et avoir chacun défendu des causes justes. Enfin il faut avoir suivant le rituel shuar tué le vaincu pour obtenir sa force, qui sera d’autant plus forte que l’opposant l’était.
    Nous n’avons dans nos sociétés actuelle, plus vraiment besoin de force de ce type et nous ne réglons plus les conflits de cette manière, mais la voie du shaman offre bien d’autres possibilités.

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