La tanière du Shaman

UWISHIN – parce que le chamanisme nous sortira de la crise

   mai 11

L’ayahuasca, chapitre 1

Je commencerai la présentation détaillée et l’étude par ce grand article d’un spécialiste :

Ce breuvage traditionnellement utilisé par toutes les ethnies d’Haute-Amazonie est issu de la décoction prolongée de deux plantes différentes : la liane de Banisteriopsis caapi et les feuilles de l’arbuste Psychotria viridis. Le mélange de couleur marron et fortement amer contient de nombreux alcaloïdes psychotropes qui agissent de manière synergique et dont les plus importants sont la diméthyltriptamine (DMT) et des composés de la famille des béta-carbolines tels que l’harmine et la tetrahydroharmine (THH). Les scientifiques continuent de s’interroger comment des Indiens sans écriture, ni techniques d’investigation formelle, par ailleurs immergés dans une extrême biodiversité, ont pu trouver une telle préparation, car il semble bien que l’association savante de ces deux plantes soit nécessaire, l’une potentialisant l’autre. C’est justement tout l’objet de notre exposé que de tenter de formuler des pistes de compréhension de ce qu’est l’intuition inventive des peuples premiers. A ce stade de la présentation, contentons-nous d’observer que presque tous les peuples dits primitifs ont recherché et trouvé le moyen d’extraire des composés psychotropes de leur environnement végétal. Mais revenons aux effets pharmacocliniques de ces composés.
L’harmine et la THH sont des inhibiteurs sélectifs de la mono-amine-oxydase cérébrale (IMAO) et à ce titre, de puissants antidépresseurs. Associées à la DMT, un analogue de la sérotonine inactif par voie orale, elles empêchent sa dégradation digestive et
favorisent ainsi son absorption ce qui conduit de manière conjointe à multiplier par deux, le taux de sérotonine cérébrale circulante, principal neurotransmetteur du cerveau, pendant une durée de quelques heures. L’effet clinique corollaire à cette importante hausse de
sérotonine a été fort maladroitement qualifié d’hallucinatoire. L’ayahuasca générerait des visions imaginaires sans rapport avec la réalité.
Or ce n’est pas du tout le point de vue des utilisateurs traditionnels de l’ayahuasca dont la conception de la réalité et de l’illusion est fort différente de la nôtre. Pour eux, l’ayahuasca leur ouvre des portes d’une réalité  » plus solide  » ou  » plus complète  » que celle que nous laisse entrevoir nos sens à l’ordinaire. De fait, tous les Occidentaux qui ont expérimenté ce breuvage vous diront avoir ressenti  » des
modifications de la conscience de soi et une transformation des rapports avec le monde « , sentiments fort éloignés d’une confusion mentale à l’égard des personnes, de l’espace ou du temps. C’est cette expérience vécue qui a poussé bon nombre d’auteurs à proscrire les termes  » hallucinogène « ,  » délirogène  » ou même  » psychédélique  » pour leur préférer  » enthéogène  » (générateur d’un sentiment divin à l’intérieur de soi),  » adaptogène  » (favorisant l’adaptation à l’environnement) ou encore  » empathogène  » (améliorant le contact avec les autres). La bataille des mots est loin d’être innocente. Car ceux qui rejettent ces nouvelles terminologies sont précisément ceux qui se refusent à expérimenter sur eux-mêmes un tel état…
Quel est donc ce fameux état que nous venons de décrire en terme de modifications neurobiologiques ? Il est commun de l’appeler transe, mais l’on pourrait tout aussi bien parler d’état second ou même d’état modifié de conscience (EMC). Des phases d’hyperexcitation et de catalepsie extatique se succèdent dans des proportions variables d’un sujet à l’autre. Les sens se trouvent décuplés. Le cours de la pensée semble accélérée, le sujet est  » ailleurs « . Ces changements tant perceptuels qu’émotionnels conduisent la psyché à construire des significations nouvelles de la réalité. C’est là que l’on peut parler de  » visions  » comme étant le résultat d’une réinterprétation de la réalité lorsque les cadres psychiques ordinaires sont relativisés , voire même abolis. La transe vécue comme une expérience hors de soi (OBE) conduit à sentir le monde différemment, un peu comme si notre réceptivité s’en trouvait modifiée. Les chamans amérindiens en parlent avec leurs mots :

 » Pour comprendre (le monde), il faut prendre la Grand-Mère Ayahuasca  »
 » Elle est une plante enseignante, intelligente, maîtresse  »
« Elle travaille en moi. Tout ce que je dis vient de la plante. C’est elle qui me l’a appris  »
 » Elle permet de voir le corps en transparence et de localiser le siège de la maladie  »
 » Elle fait venir à moi les plantes qui conviennent à mon patient  »

 

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

Faites tourner !

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