Uwishin : shamanisme et transes

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Les shamans shuars, ashuars, quechua, mongols

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Réprésentation de shaman, épisode 3

Un uwishin est avant tout proche du règne végétal, je l’ai assez répété. Ca veut dire soigner par les plantes, comprendre leur logique, leur esprit. Cette image simple, le regard simple de cette photo d’un shaman très moderne (curandero, ou plutôt uwishin dans ce cas) représente très bien pour moi l’image shamanique traditionnelle, libérée de tous les phantasme de magie. Certe elle ne rend pas compte de la puissance spirituelle shamanique, ni de la capacité à dialoguer avec les esprits, mais elle remet un peu, simplement, les choses en place.


Shaman shuar et plantes

Shaman shuar et plantes

Représentations du shamanisme, épisode 2

Voici une nouvelle représentation de chaman : représentation cela dit plus mongole qu’amérindienne.

shaman mongol

shaman mongol

 

Beaucoup plus classique que celle de l’épisode 1 de cette série, plus loin de la magie, on se rend compte de deux points principaux :

 

- les shamans mongols sont proches de l’animal avant tout : ils se déguisent en animal car il incarne leur animal totem. On retrouve aussi cette pratique chez les améridiens, mais les améridiens placent définitivement le règne végétal à un niveau au moins égal au règne animal. On retrouve des plumes, des dents souvent dans l’acoutrement des shamans shuars ou améridiens au sens large, alors qu’on trouve les shamans mongols habillés de peaux de loup. On sait que suivant leur clan (du papillon, de la tortue, les shamans se rapprochent de groupes d’animaux  et peuvent ressentir comme eux voire se transformer en eux). Ici on remarque que c’est un shaman d’origine mongol à cause de ses habits, mais il n’a pas vraiment un « déguisement » d’animal. On est donc très proche d’un shaman améridien.

 

- la percussion : pour l’entrée en transe, tout simplement. Les percussions et les mélodies typiques des shamans chantées aident à vider l’esprit pour le rendre plus fort. Un esprit vide n’est pas un esprit sans rien, au contraire, c’est un esprit prêt à TOUT embracer. La transe commence donc par le vide. Il faut retrouver la candeur, l’instinct, perdre la volonté de réflexion, la volonté acharnée de comprendre. Le symbole de la percussion dans la transe et le shamanisme est donc très fort et une constante, que ce soit à travers un tambourin comme c’est souvent le cas chez les mongols, ou n’importe quel type de percussion.

Conférence de Jeremy Narby : Plantes et chamanisme chez les indigènes mazoniens

Conférence de Jeremy Narby : Plantes et chamanisme

Jeremy Narby est un anthropologue et auteur du « Serpent cosmique ».
Il est particulièrement actif dans la partie Péruvienne de l’amazonie.
Il parle des passerelles qui existent entre la science et les savoirs des peuples indigènes.

Réflexions et constations sur les plantes et les shamanisme et les savoirs des peuples indigènes.

Commentaires sur la situation et l’environnement des peuples indigènes amazoniens par un directeur de projet amazonie.
Ce chercheur ou antropologue a travaillé principalement en amazonie péruvienne (forêt pluviale).

SVP faites attention au début de la conférence à ce qu’il dit sur la polution actuelle en Amazonie :
les compagnies pétrolières aujourd’hui font des dégats absolument incroyables, il en parle mieux que je ne pourrai jamais le faire.

Chamanisme shuar, 1ère partie

Voici le premier bout d’un des plus magnifiques articles écrit sur le chamanisme shuar et ses origines, sa mythologie et ses évolutions.

ETUDE DE LA THEORIE DU DESORDRE ET DES DETERMINANTS THERAPEUTIQUES DANS LE CHAMANISME SHUAR

Avant la conquête espagnole, les Shuars vivaient en habitat isolé et les relations sociales étaient restreintes au minimum entre quelques familles alliées pour un temps seulement. Ils chassaient et chaque famille effectuait une activité agricole pour pouvoir vivre en autosubsistance. Il n’y avait donc aucune organisation politique, mais les hommes pouvaient acquérir du prestige et de l’autorité en devenant Kakaram : puissant, parce que tueur émérite. En effet, le nombre de meurtres et de participations à une vendetta accroît la puissance car elle permet l’acquisition de nouvelles âmes Arutam.
Arutam est le nom que les Shuars donnent à tous les esprits protecteurs. Il peut aussi faire référence à des divinités tel le soleil (Etsa), divinité de la vie et de la mort (Ayumpuùn), des jardins (Nunki), et se présenter aux hommes sous des formes variées : les tigres et les aigles pour le soleil ; la foudre, le tremblement de terre, les vautours pour Ayumpuùn ; et les animaux qui creusent pour Nunki. En effet, les Jivaros croient que les

Couple Shuar

Couple Shuar

éléments qui déterminent vraiment la vie et la mort, sont des forces cachées qu’on ne peut voir qu’avec l’aide des hallucinogènes et le seul moyen de connaître la vérité sur les causes premières est d’entrer dans le monde surnaturel. C’est pourquoi chaque enfant, quelques jours après sa naissance, prendra la plante hallucinogène pour voir le vrai monde, et quelques années plus tard, acquérir une âme Arutam. Car parmi les trois sortes d’âmes que possèdent les Shuars, cette dernière, la plus importante puisqu’elle protège de la mort violente et des ensorcellements ou empoisonnements, se trouve lors d’un pèlerinage à la cascade sacrée. Ainsi, il est dit que sous le puits profond creusé par les grandes cascades des rivières, se trouve la porte d’entrée de la maison d’Arutam. Frapper avec un bâton, c’est comme appeler à sa porte ; et de la matrice de la cascade, comme de l’eau qui jaillit de la femme avant l’accouchement, arrive une nouvelle vie, un vieil esprit glorieux, esprit protecteur qui vient habiter le corps de l’aspirant et lui donner force et courage. Ces esprits protecteurs peuvent se présenter et se montrer sous des formes très distinctes (souvent animales), chaque fois qu’une aide spéciale est nécessaire. Ce sont les mythes qui enseignent comment rencontrer Arutam pour se libérer des esprits mauvais et devenir fort ; ainsi, il est indispensable de jeûner pour gagner la compassion d’Arutam, de prendre du jus de tabac, une plante hallucinogène, puis d’attendre et invoquer l’esprit protecteur en frappant près de la cascade avec son bâton :  » Tac, tac, tac j’arrive, viens m’arranger, me renforcer, tac, tac, tac, viens me laver, me nettoyer, me purifier, viens me raccommoder, me guérir « .
D’autres rites, permettant de rencontrer Arutam, peuvent se dérouler dans un endroit isolé de la forêt, ou au bord d’un grand fleuve. Mais chacun se termine par l’incorporation de la force et de l’âme Arutam ; or cette âme donne le désir ardent de tuer et c’est tout naturellement que le nouveau possesseur rejoindra rapidement une expédition vers les territoires de familles ennemies. Avant le meurtre, chacun des participants nomme, devant le groupe, l’esprit rencontré lors de la transe ; et le fait de dévoiler sa vision fait partir
cette âme Arutam mais pas sa puissance. Après l’expédition, les participants devront donc se mettre en quête d’une nouvelle âme Arutam pour conserver la puissance de la précédente et obtenir une nouvelle protection contre la vendetta qui ne manquera pas de se préparer dans le camp attaqué. Il est ainsi possible de cumuler la force des âmes incorporées successivement ; chaque retour d’expédition meurtrière impliquant une nouvelle recherche d’Arutam, puisqu’il est impossible de vivre longtemps sans le support de ces esprits. Comme l’ennemi fraîchement tué produit également une âme vengeresse, il faut absolument maintenir cette dernière prisonnière dans le crâne de son propriétaire, grâce à un rituel effectué très rapidement. C’est pourquoi les Indiens Jivaros sont connus comme les
fameux réducteurs de tête.

 

Origine et copiright :

(c) Decker – Arutam
Association Arutam : http://arutam.free.fr

Percussion d’un chaman

Je viens de voir cette vidéo de percussions shamaniques que j’ai trouvé très sympa et en relation avec le livre Uwishin niveau musicalité des shamans.

L’ayahuasca, chapitre 2

Suite de l’article 1, toujours du même auteur :
A la lumière de ces quelques phrases, on ne peut être qu’impressionné par le lien fort que les chamans tissent avec les plantes. Tout évoque l’existence d’une communication à double sens. C’est pour mieux appréhender celle-ci que je vous propose de passer en revue les différences majeures qui séparent les règnes végétal et animal :
1. Dans l’évolution, les plantes sont historiquement antérieures aux animaux. On peut parler à certains égards d’une relation mère-enfant.
2. Les plantes sont autotrophes donc autonomes, alors que les animaux dépendent des plantes pour leur survie.
3. De par leur fixité, les plantes n’ont d’autres ressources que de s’adapter au milieu où elle se trouve notamment en consacrant 90 % de leur génome à la synthèse chimique. Les animaux de par leur mobilité ont la capacité de fuir et ont développé un système nerveux central adapté à la fuite.
4. Les plantes ont une longévité bien supérieure aux animaux. Leur taux de mutagénèse est trés élevé alors que chez l’animal, une mutagénèse élevée est létale. Autre particularité du règne végétal, il existe une seule lignée cellulaire indifférencié capable de donner des cellules somatiques ou germinales à tout moment.
5. A la différence des animaux, le règne végétal possède plusieurs voies de reproduction possibles et ne se contente jamais de la voie sexuée : rejet, autogreffe, bouturage, hybridation, fécondation sèche, procréation retardée (graines)…

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

 

février 2012
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