Uwishin : shamanisme et transes

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Bono de U2 se voit plus comme un portier que comme un Shaman

Bono shaman ?

Bono shaman ?

Bono est typiquement l’exemple de ce qu’on pourrait comparer à un Shaman moderne, tel Shakaim dans Uwishin, le conte chamanique.

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Quelle impression avez-vous lorsque vous montez soir après soir sur cette scène vaisseau spatial massive ?

BONO Au départ, son échelle était un petit peu angoissante. Je la dessinais sur des serviettes en papier au restaurant et la construisait avec des fourchettes et autres trucs du genre. Mais lorsque l’on l’a face à soi, je dois dire que j’ai un petit peu les genoux qui tremblent.

Quelque chose en particulier, vous a-t-il surpris sur cette tournée ?

BONO J’ai déjà vécu quelques expériences hors de mon corps sur la route, ce qui me rappelle que je me vois plus comme un portier que comme un shaman. Je pense vraiment qu’il y a de la magie dans la musique que nous ne comprenons pas vraiment. Des moments où les chansons vous aspirent dans un endroit où, et ça semble prétentieux, mais où ce n’est pas tant vous qui chantez la chanson mais où l’on a le sentiment que c’est la chanson qui vous chante — et lorsque cela arrive, je suis stupéfait.

Tribus et indigènes amérindiens en équateur

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Après la présentation de ce magnifique pays qu’est l’Equateur (Ecuador) dans le message que j’avais fait ici, je me propose maintenant de vous dire un mot sur les peuples indigènes amérindiens d’Equateur.

Dans le roman Uwishin (plus d’info ici), les peuplades observées sont exclusivement Shuars. Les Shuars font partie de la famille des amérindiens Jivaros. Les autres peuples Jivaros sont les Ashuars et les Quechuas (ou Quichuas).

Répartition en Equateur

Répartition en Equateur

Il faut savoir que l’immense majorité est composée de Quichuas habitant les Andes (la montagne), une infime minorité (la plus diversifiée cela dit) habitant de part et d’autres des Andes (côté océan pacifique ou côté forêt amazonienne). Les indiens des Andes sont pour la plupart “convertis” aux modes de vie hurbain ou péri-urbain, et les autres ont des airs d’âmes en peines faisant penser aux indiens décrits par Rousseau habillés de guenilles usées des villes et buvant de l’alcool bon marché à longueur de journée. L’adaptation du modèle fonctionne mal pour ceux qui se font manger par l’urbanisation et la civilisation. Sans rêves, leur histoire perdu, il ne leur reste que les mauvaises distilleries pour leur procurer du rêve.
Il reste cela dit près de cent mille âmes encore pleine de beauté de vie et de traditions. Perdues dans l’amazonie ou seuls quelques explorateurs et “écotouristes” (faisant cela dit souvent beaucoup de mal alors qu’ils se proclament humanistes, mais comment leur en vouloir, quelle est la réponse?) pour s’approcher d’eux. S’ils ont a priori complètement oublié certains rites comme les Tsantza (têtes réduite cf article correspondants), ils vivent toujours dans et de la nature, pratique leur chamanisme tranquillement, leur cueillette, chasse et agriculture sommaire. Leurs pratiques sont ancestrales, sans rentrer dans les détails elles sont relativement similaires à celles qui se retrouvent il y a plus de 10 000 ans, et ceci aussi bien en Afrique, qu’en Europe, qu’en Mongolie (d’où vient le terme shaman).
Bien sur avec des différences notoire (le fameux ayahuasca pour entrer en transe) avec les peuplades d’autres régions, mais aussi avec des différences sociales et de rites entre groupes proches (Shuars et Ashuars par exemple).


Ils nous offrent un immense témoignage de structures sociales stables à petites échelle, vivant en symbiose avec la nature (chose basique mais que nous “hommes civilisés” avons oublié puisque nous “pompons” la nature de manière non durables, et cherchons souvent avant tout propriété possession et autorité au sein de la société.


Shakaim dans le roman Uwishin est un Shuar, né et élevé dans une tribu Shuar. Du haut de sa simplicité d’habitant de tribu il sera jeté dans ce que nous pourrions appeler le “vrai monde”. Hors le “vrai monde”, lui l’a vu au sein de voyage shamanique, enfin ce qui pour lui, est le vrai monde.


Chamanisme : le chainon manquant entre Lascaux Michael Jackson (vol 1)

Grotte Lascaux

Grotte Lascaux

Imaginez-vous il y a 17 000 ans quelque part dans le Périgord. Aux trois quart à poils, avec presque rien n’à manger, des bestioles de partout pour vous mordiller les pieds et le reste, et ceux de votre femme et de vos enfants pendant la nuit. Un petit feu à allumer, à faire prendre, à chérir, à entretenir. Imaginez-vous un petit groupe avec peu de vieux mais beaucoup de jeunes, et de femmes. Pas d’agriculture performante, toujours à se battre pour avoir un petit truc à manger le soir et le partager avec les autres. Imaginez vous risquant votre vie à chaque chasse pour ramener de quoi manger à ce qu’on ne peu même pas appeler un village. Imaginez votre petite condition humaine, vos peurs, vos angoisses, vos rêves, votre rage. Et au milieu de tout ça, dans votre tribu, un gars payé à ne rien foutre, qui ne va pas à la chasse, qui ne risque pas sa peau, qui se contente de peindre quelques bestioles sur les murs et d’organiser des rituels, et que tout le monde regarde d’en bas. Que ressentiriez-vous ? Trouveriez-vous ça normal ?


Fans Tickets

Fans Tickets

Imaginez deux milles personnes faisant la queue devant un guichet, certains venus de loin, certains campant devant, certains avec toutes leurs économies dans la poche, fébriles, anxieux, excités, heureux. Imaginez que ces gens normaux, d’aujourd’hui, avec leurs problèmes, leur travail, leur mari, leur femme, leurs rêves, font tout ça pour deux heures d’un mec qui gigote et qui danse devant eux, et que ça vaut peut être encore beaucoup plus pour eux que ce qu’on leur demande.


Imaginez-vous si on vous annonçait qu’il ne vous restait plus que deux mois à vivre parce que la maladie que vous avez ne peut-être guérie par la médecine classique. Si on vous disait qu’un mec avec des plumes dans les cheveux va marmonner autour de vous pendant 3 heures et qu’en sortant vous guérirez. Tenteriez-vous l’expérience ?


Guérisseur

Guérisseur

Imaginez tous ces gens qui souffrent de migraines et de mal de cou, et qui prennent des pilules qui donnent mal au ventre pour arrêter d’avoir mal à la tête, et puis ensuite des pilules contre le mal de ventre, qui leur provoquent des poussées de petits boutons rouges alors ils se mettent de la crème et boivent du jus de carottes, en continuant à prendre toutes les autres pilules. Alors que seule leur angoisse seule est la cause de leur mal de tête, et que peut-être s’ils se mettaient à peindre un peu pour se changer les idées, ou s’ils allaient à des concerts de chanteurs qu’ils aiment bien plus souvent ça leur changerait les idées et ils n’auraient plus mal à la tête.
Non je n’ai pas parlé de religion, il n’en est pas besoin. Dans ses fondements les plus basiques nous serions fous de rejeter le rôle de la notion même du chamane : celui qui sait, celui qui réunion, celui qui entraine, celui qui libère. Gloire aux chamanes qui nous font voyager, qui donnent de l’espoir.


Quelle gloire peut-il y avoir à tout nier en bloc, à ne croire en rien, à ne vivre que pour garder son poste et toucher son salaire à la fin du mois ? Manque de rêve… comme un chasseur de l’époque des grottes de Lascaux qui n’auraient pas voulu comprendre pourquoi il devrait chasser pour celui qui ne chasse pas.


Plus loin dans le chamanisme ? Tentez la dernière interview sur le roman Uwishin en cliquant ici, ou commandez le roman.
Et à bientôt pour le prochain épisode.

L’argent vous a éparpillés : propos d’un chamane jivaro

Ricardo

Ricardo


Je reprends ici un magnifique article paru dans le matin suisse. Ricardo Tsakimp est un chamane shuar (uwishin), qui séjournait en suisse. Il en a profité pour donner cette magnifique interview suivie de quatre principes selon lui, destinés aux peuples occidentaux.
Son recul et la simplicité de ses propos sont je trouve d’une grande valeur. A ce qui pensaient qu’un indiens équatorien ne pouvait rien nous apprendre… tentez ces quelques lignes.

«En Occident, vous volez très haut. Mais parfois vous devriez penser à atterrir. » Et Ricardo Tsakimp se fend d’un immense éclat de rire. Il vit en Equateur, où il se bat pour que son peuple, les Shuars, conserve et récupère la terre qui lui appartient. Appelés autrefois Jivaros (sauvages) par les conquistadores, ces Indiens ont longtemps été craints en raison d’une de leurs spécialités: les têtes réduites. Une pratique qui consiste à décapiter son ennemi avant de ramener la taille de sa caboche à celle d’une grosse pomme. «Nous n’utilisons plus cette méthode», assure Ricardo Tsakimp. Avant d’ajouter d’un air malicieux: «Mais nous connaissons toujours la recette. »

Leader de son peuple, Ricardo Tsakimp se définit avant tout comme un uwishin, un médecin traditionnel. «En utilisant des techniques naturelles, nous pouvons capter l’origine de la maladie, établir un diagnostic et comprendre pourquoi la maladie physique ou spirituelle s’est installée. Ensuite grâce au contact intime que nous avons établi avec la nature, nous pouvons rééquilibrer les énergies. Nous utilisons aussi parfois des plantes sacrées. » Egalement guide spirituel, le chaman shuar livre un regard sans concession sur notre société et nous offre des conseils pleins de sagesse.


CONSEIL N° 1 Renouer avec la nature
Pour Ricardo Tsakimp, chaque culture, chaque peuple ont leurs propres maux. Pour lui, l’Europe est «un vieux continent qui est déconnecté de la nature. » Et le médecin traditionnel de se désoler. «Je suis malheureux de voir tous ces gens mourir à cause du tabac et du stress. » Des maux bien plus terribles que la grippe A (H1/N1). «C’est une grippe qui n’est pas plus dangereuse qu’une autre, estime le chaman. Pourquoi lui accorder une telle importance alors qu’il y a des maladies bien plus graves et qui font beaucoup plus de morts comme la malaria, le sida, la tuberculose, le cancer?» Ricardo Tsakimp insiste sur l’importance pour notre société de renouer avec la nature. «Nous en faisons partie intégrante, note-t-il. Pourquoi la laisser de côté. » C’est d’ailleurs un des aspects qui attire de plus en plus d’Occidentaux vers le chamanisme.



CONSEIL N° 2 Savoir rire

«Il faut aussi privilégier les valeurs humaines, comme l’égalité et la solidarité, insiste Ricardo Tsakimp. En Europe, il n’y a pas de chaleur humaine, chacun vit dans son coin. L’argent vous a éparpillés. Chez les Shuars, il n’y a pas de classe sociale, nous vivons tous en harmonie, nous sommes une grande famille et nous sommes heureux d’être ensemble. » Les rires qui ponctuent bon nombre de phrases de l’uwishin sont là pour le prouver. «Nous rigolons tout le temps, confirme Nelly, sa fille qui est venue en Suisse pour étudier le français et faire le lien entre l’Europe et l’Equateur. Ici, il est arrivé plusieurs fois que des gens viennent voir pourquoi nous riions. Lorsqu’ils ont constaté qu’il n’y avait pas de raison particulière à notre joie, ils nous ont pris pour des benêts. »


CONSEIL N° 3 Mettre en pratique
Partage, écoute, solidarité, ces valeurs sont les mêmes que celles de la plupart des religions. Qu’est-ce que le chamanisme peut nous apporter de plus? «Il y a beaucoup d’écrits dans les religions. Et, malheureusement, ce qui est écrit ne reste souvent qu’au stade de l’écrit. Les fidèles lisent puis oublient. Dans le chamanisme, la tradition est orale. On met en pratique directement en allant au contact de la nature. On apprend en vivant. »


CONSEIL N° 4 Ralentir
Y a-t-il un espoir pour les sociétés modernes? «Il y a des opportunités en tout cas, répond Ricardo Tsakimp. Encore faudra-t-il les saisir. » Pour le chaman, si rien ne change, «cela ira de pire en pire». «Mon conseil, en tant qu’uwishin shuar, c’est de vivre naturellement et harmonieusement comme le faisaient nos ancêtres. Tout a été trop vite. Pour s’en sortir, il faut revenir en arrière et ne plus tout baser sur le capitalisme et l’économie. »

Petit guide des Yagé, natem, chalipanga, ayahuasca chacruna et chaliponga

J’ai fait relire par des personnes connaissant bien et pratiquant les rituels chamaniques mon livre afin d’en valider les démarches exposées. Je tiens ici à apporter quelques précision sur les constituants du natem (ou yagé), substances absorbée par les chamans de mon roman afin d’avoir des visions et de communiquer avec les esprits.


Il faut deux ingrédients : du chalipanga (ou chaliponga), et la très connue lianna AYAHUASCA. On parle souvent de l’ayahuasca en tant que source des visions, et on me demande régulièrement où trouver de l’ayahuasca en Europe (si si je vous assure :)
Il faut savoir que même si l’ayahuasca est considéré comme un stupéfiant en EUrope (au Canada ou dans d’autres pays il est toléré dans le cadre de pratiques rituelles), est absolument sans effet seul. Machonnez une lianne vous verrez (bon courage quand même c’est fibreux).

Préparation d'ayahuasca

Préparation d'ayahuasca


C’est le fait de mélanger et de faire bouillier ensemble l’ayahuasca avec les feuilles de chalipanga ou de chacruna qui amène au résultat hallucinogène (le seul équivalent est le payot avec sa mescaline).
Là on arrive sur le deuxième point : certains parlent de chacruna, d’autres de challiponga. Il faut savoir que les deux arbustes font des feuilles qui fonctionnent pour faire le mélange, donc on peut préparer le natem (ou yage) avec l’un ou l’autre.
Simplement le chaliponga est beaucoup plus fort, donc il faut avoir l’esprit ncore mieux accrocher pour tolérer ses visions. A savoir que les centres chamanique qui font découvrir ces expériences aux étrangers préparent le natem à base de chacruna moins forte, pour éviter de gros bad trip (c’est déjà extrêmement fort!!)
Donc qu’on parle de l’un ou de l’autre tout le monde à raison, ça marche avec les deux (pour fermer des débats que j’ai eu avec des personnes ne connaissant que l’un ou l’autre).


Je fais ici une parenthèse sur la perception des chamans eux-mêmes. COmment les chamans ont pu découvrir que mélanger ces plantes faisait cet effet ? (c’est totalement improbable de mélanger justement cette liane avec ces feuilles rares!), et ceci dans plusieurs coins de la forêt amazonienne.
La réponse qui m’a été apportée est la même que pour les plantes donc ils se servent de manière médicale (ils ont un arsenal de remède )à chaque mal, à chaque fois avec une ou plusieurs plantes mélangées :
ils repondent : la plante ou les esprits nous disent à quoi elle servent, nous n’essayons pas, nous savons à l’avance.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, il est connu que les plantes un peu comme le règne animal avec les phéromones, peuvent communiquer… de là à comprendre comme cela est possible il y a encore un gouffre, je l’admets. Mais je ne cherche pas trop à comprendre :)
Je reprends …


Normalement la plante se cultive par les shamanes pour l´usage en ayahuasca, le mélange consiste d´une combinaison d´un inhibiteur-MAO et une plante contenant le DMT. Diplopterys cabrerana le produit dans ses feuilles, et la concentration est forte. Chaliponga contient 5 à 10 fois plus d´alkaloïdes que la chacruna (Psychotria viridis). Quelques tribus, comme la Harakmbet ou les shuars, sont d´avis que on passe un ´examen final´ avec de l´ ayahuasca fait de la chaliponga, après quatre ou cinq trips (voyages) avec de l´ayahuasca et de la chacruna mixé et bouillies dans de l’haut pendant plusieurs heures. Lé décoction ainsi obtenue est appelée yagé ou natem.
Le natem ouvre les portes du vraie monde. On pourrait dire que l’ayahuasca est la paire de lunette qui permet de voir ce que provoque le challipanga (ou chaliponga, ou chalipanga) ou la chacruna (équivalent moins fort)


Réprésentation de shaman, épisode 3

Un uwishin est avant tout proche du règne végétal, je l’ai assez répété. Ca veut dire soigner par les plantes, comprendre leur logique, leur esprit. Cette image simple, le regard simple de cette photo d’un shaman très moderne (curandero, ou plutôt uwishin dans ce cas) représente très bien pour moi l’image shamanique traditionnelle, libérée de tous les phantasme de magie. Certe elle ne rend pas compte de la puissance spirituelle shamanique, ni de la capacité à dialoguer avec les esprits, mais elle remet un peu, simplement, les choses en place.


Shaman shuar et plantes

Shaman shuar et plantes

 

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