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L’argent vous a éparpillés : propos d’un chamane jivaro

Ricardo

Ricardo


Je reprends ici un magnifique article paru dans le matin suisse. Ricardo Tsakimp est un chamane shuar (uwishin), qui séjournait en suisse. Il en a profité pour donner cette magnifique interview suivie de quatre principes selon lui, destinés aux peuples occidentaux.
Son recul et la simplicité de ses propos sont je trouve d’une grande valeur. A ce qui pensaient qu’un indiens équatorien ne pouvait rien nous apprendre… tentez ces quelques lignes.

«En Occident, vous volez très haut. Mais parfois vous devriez penser à atterrir. » Et Ricardo Tsakimp se fend d’un immense éclat de rire. Il vit en Equateur, où il se bat pour que son peuple, les Shuars, conserve et récupère la terre qui lui appartient. Appelés autrefois Jivaros (sauvages) par les conquistadores, ces Indiens ont longtemps été craints en raison d’une de leurs spécialités: les têtes réduites. Une pratique qui consiste à décapiter son ennemi avant de ramener la taille de sa caboche à celle d’une grosse pomme. «Nous n’utilisons plus cette méthode», assure Ricardo Tsakimp. Avant d’ajouter d’un air malicieux: «Mais nous connaissons toujours la recette. »

Leader de son peuple, Ricardo Tsakimp se définit avant tout comme un uwishin, un médecin traditionnel. «En utilisant des techniques naturelles, nous pouvons capter l’origine de la maladie, établir un diagnostic et comprendre pourquoi la maladie physique ou spirituelle s’est installée. Ensuite grâce au contact intime que nous avons établi avec la nature, nous pouvons rééquilibrer les énergies. Nous utilisons aussi parfois des plantes sacrées. » Egalement guide spirituel, le chaman shuar livre un regard sans concession sur notre société et nous offre des conseils pleins de sagesse.


CONSEIL N° 1 Renouer avec la nature
Pour Ricardo Tsakimp, chaque culture, chaque peuple ont leurs propres maux. Pour lui, l’Europe est «un vieux continent qui est déconnecté de la nature. » Et le médecin traditionnel de se désoler. «Je suis malheureux de voir tous ces gens mourir à cause du tabac et du stress. » Des maux bien plus terribles que la grippe A (H1/N1). «C’est une grippe qui n’est pas plus dangereuse qu’une autre, estime le chaman. Pourquoi lui accorder une telle importance alors qu’il y a des maladies bien plus graves et qui font beaucoup plus de morts comme la malaria, le sida, la tuberculose, le cancer?» Ricardo Tsakimp insiste sur l’importance pour notre société de renouer avec la nature. «Nous en faisons partie intégrante, note-t-il. Pourquoi la laisser de côté. » C’est d’ailleurs un des aspects qui attire de plus en plus d’Occidentaux vers le chamanisme.



CONSEIL N° 2 Savoir rire

«Il faut aussi privilégier les valeurs humaines, comme l’égalité et la solidarité, insiste Ricardo Tsakimp. En Europe, il n’y a pas de chaleur humaine, chacun vit dans son coin. L’argent vous a éparpillés. Chez les Shuars, il n’y a pas de classe sociale, nous vivons tous en harmonie, nous sommes une grande famille et nous sommes heureux d’être ensemble. » Les rires qui ponctuent bon nombre de phrases de l’uwishin sont là pour le prouver. «Nous rigolons tout le temps, confirme Nelly, sa fille qui est venue en Suisse pour étudier le français et faire le lien entre l’Europe et l’Equateur. Ici, il est arrivé plusieurs fois que des gens viennent voir pourquoi nous riions. Lorsqu’ils ont constaté qu’il n’y avait pas de raison particulière à notre joie, ils nous ont pris pour des benêts. »


CONSEIL N° 3 Mettre en pratique
Partage, écoute, solidarité, ces valeurs sont les mêmes que celles de la plupart des religions. Qu’est-ce que le chamanisme peut nous apporter de plus? «Il y a beaucoup d’écrits dans les religions. Et, malheureusement, ce qui est écrit ne reste souvent qu’au stade de l’écrit. Les fidèles lisent puis oublient. Dans le chamanisme, la tradition est orale. On met en pratique directement en allant au contact de la nature. On apprend en vivant. »


CONSEIL N° 4 Ralentir
Y a-t-il un espoir pour les sociétés modernes? «Il y a des opportunités en tout cas, répond Ricardo Tsakimp. Encore faudra-t-il les saisir. » Pour le chaman, si rien ne change, «cela ira de pire en pire». «Mon conseil, en tant qu’uwishin shuar, c’est de vivre naturellement et harmonieusement comme le faisaient nos ancêtres. Tout a été trop vite. Pour s’en sortir, il faut revenir en arrière et ne plus tout baser sur le capitalisme et l’économie. »

Nouvelle tendance à l’intérêt dans les médecines de guérison “douces”

Oui, je suis de retour, de retour de vacances on pourrait dire… plus exactement du mariage de ma soeur. Tout c’est très bien passé, dans ce Périgord noir où l’on mange si bien.

shaman equatorien

shaman equatorien




Ce petit tour en France m’a permis de faire quelques petits tours en kiosque et de découvrir une tendance assez marquée, un gain d’intérêt pourrait-on dire, pour les médecines qu’on qualifie de douces, et au delà de ça pour les pratiques shamaniques (chamaniques) au sens large. Je prendrais plusieurs articles dans les jours qui viennent pour détailler mes commentaires face à ce que j’ai pu lire (et je rassure mes lecteurs, mais en même temps les supports les valaient bien), mais il est déjç absolument étonnant et tout à fait ravissant de découvrir dans le même kiosque que la une du GEO et du MONDE DIPLOMATIQUE (parmi d’ailleurs mes deux lectures préférées) titrent sur le chamanisme. - pour ceux qui se demandent encore pourquoi je m’obstine à écrire chaman, shaman, il faut savoir que le mot shaman vient du tongouse (langue sibérienne, pratiquée jusqu”à la mongolie), ou le shamane, shaman, ou samane est celui qui possède la connaissance (l’éveil ?). On parle aussi souvent du mot shramane, shramana ou sramana en sanscrit (équivalent du latin indien) signifie ascète, sage vivant à l’écart, mais l’origine sibérienne ou mongole est plus probable. La francisation en chamane présente certe un intérêt de lecture, mais me parait un peu abuse et dénuée d’étymologie.
Reprenons: voir deux des meilleurs et plus influent magazines vendus en France titrer sur le chamanisme (puisque c’est ainsi qu’ils l’écrivent), m’a mis un énorme beaume au coeur. Car il y a près de 7 ans, quand je commençais mes recherches et mon apprentissage approfondi du monde shamanique :p , j’avais espoir, mais je ne pensais pas trouver un intérêt aussi marqué et rapide. Vous me direz : entre GEO et LE MONDE DIPLOMATIQUE et le monde, il y a un gouffre, ou encore : ce n’est pas parque qu’ils ont fait un numéro la dessus que l’intérêt général y est mélé. Vous n’auriez pas tord. Cela dit, ce sont des meneurs d’opinion, et en ces temps de crise, la recherche de vraies valeurs se fait plus cruelles. Les maladies liées au stress sont plus évidentes, plus marquantes que jamais alors que tout le monde ou presque a peur de perdre son travail ou ses assedic (pole emploi pardon), et les voies de la guérison à ces maux sont recherchées. Les pratiques classiques du yoga ne sont pas satisfaisantes car le yoga n’est qu’un moyen mis à la disposition d’une certaine forme de spiritualité, qui ne peut délivrer son plein potentiel sans prendre en compte cette spiritualité.



Vous me direz : et la religion dans tout ça ? N’est-elle pas une porte de sortie plus sure et moins piégeuse que ces pratiques.

Je vous répondrais en partant de ma propre expérience : il n’y a rien d’opposé entre la religion et le shamanisme. Les chamans existaient avant toutes les religions (Lascaux il y a 15 000 ans ne sont apparues que plus de 5000 ans après les traces des premiers chamans!) et comme disait le professeur D T Suzuki à propos du zen : on peut être musulman zen ou catholique zen, rien ne s’y oppose ! Il n’y a pas de forme d’idôlatrie ou de Dieu chez les chamans (à part une part mythologique chez certains comme les jivaros). Le chamanisme est une pratique avant tout, au même titre que le zen (ce que je développe largement dans le roman UWHISHIN), il n’y a aucunement de contradiction avec une quelconque pratique ou obédience religieuse.


C’est donc un grand plaisir de voir fleurir cet intérêt nouveau et partagés pour les peuples et les pratiques qui entourent les esprits de la guérison et de l’union des peuples.
Je prendrais du temps dans les jours à venir pour discuter avec vous des thèmes et postulats pris et abordés dans les différents articles de ces journaux, et j’espère pouvoir en discuter largement avec vous.


 

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