Uwishin : shamanisme et transes

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L’antre de ma plume : mon jardin pas si secret

Mon Bureau de Paris

Mon Bureau de Paris

En 2007 sur parisiandundee.com je vous avais montré mon écritoire de Paris (ci à côté), où j’ai écrit une partie d’Uwishin (l’autre dans mon bureau à l’intérieur, forcément à Paris on peut pas écrire toujours à l’extérieur because il pleut). J’ai écrit aussi au même endroit la pièce de théâtre Ballade nocturne et un certain nombre d’autres textes. Bien que bétonné, l’endroit était somme toutes sympathique par sa vue dégagée, on beau couché de soleil, et l’activité réduite mais exitante de la rue : juste assez pour réveiller sans perturber. Ah que de belles nuits à écrire j’ai passé !! Mais c’est donc bien là que fut écrit UWISHIN.




Mon nouveau bureau atelier

Mon nouveau bureau atelier

Aujourd’hui, quelques milliers de kilomètres plus au sud, j’ai un jardin… et je me suis mis (remis) à la peinture. Mon petit jardin de ville à des côtés de capharnaüm géant, mais qu’il est bon de peindre en extérieur, et d’écrire dans un jardin plein de peintures. Bon, mon style de peintre n’est pas très sûr, c’est plutôt un passe temps, un défouloir, mais au combien inspirant pour l’écriture. C’est dingue comme quelque soit l’art plus on crée plus on crée. Plus je joue de la musique plus j’écris, plus je peins plus j’écris, plus j’écris plus j’ai de nouvelles idées d’histoires de poèmes, de pièces de théâtre. Au final c’est comme le rugby après les vacances : le plus dur c’est de s’y mettre, ou remettre. Mais une fois lancé, la dynamique gagne, et c’est comment dire … jouissif !!


Je vous ferai partager quelques nouveaux textes et peintures bientôt sur www.parisiandundee.com


L’ayahuasca, chapitre 4

Nature et Règne Végétal

Nature et Règne Végétal

Suite et fin de ce passionnant papier, avant de se jeter d’en d’autres.
A NE PAS rater, c’est dans ces quelques lignes qu’on touche -pour moi- au coeur.
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Même si l’évolution du vivant reste un grand mystère, prêter une telle intentionnalité aux plantes dépasse bien sûr notre entendement ou plus exactement notre… conception du monde. A l’inverse pour les peuples chamaniques, l’étroite symbiose et interdépendance des tous les êtres vivants s’impose comme une évidence. Il s’agit là d’une écologie intuitive et métaphorique qui s’élabore notamment à partir des rêves et des visions pour ensuite s’ancrer dans les mythes et les légendes.

Une phrase d’un chaman shuar résume bien cette position :  » On ne trouve pas les vertus thérapeutiques d’une plante donnée, c’est elle qui se manifeste à nous. « . Ainsi les Indiens prêtent-ils aux plantes une certaine mobilité dans l’espace-temps, une capacité de communication inter-espèce, voire des facultés anthropomorphes :  » Elles se mettent en travers de notre chemin ; elles nous appellent ; elles changent (d’attitude) si on leur parle. « . Or cela n’est qu’un langage métaphorique propre aux peuples chamaniques destiné à traduire leur conviction concernant l’existence d’un lien constant et quotidien entre les deux règnes vivants.

D’autres auteurs ont essayé d’élaborer des pistes de réflexion permettant d’objectiver cette cohérence du vivant, voire même de la matière en son entier (lacs, montagnes, étoiles…). Au travers de ces théories, l’enjeu majeur n’est pas tant de valider le savoir autochtone, mais de découvrir quel est le véritable mode d’acquisition de ce savoir dont on sait seulement qu’il est intuitif et non déductif. L’anthropologue Jeremy Narby, inspiré par le gène égoïste de Dawkins, a notamment suggéré que les visions réitératives de serpents enlacés pouvaient être des informations génétiques décodées par les chamans ayahuasqueros. Le physicien Joël Steinheimer pense que leurs chants de guérison (icaros, kamlanies), tout droit inspirés par les transes chamaniques, se calquent sur les structures vibratoires de certaines protéines humaines. Ripinsky-Naxon, sur les traces de David Bohm et de Rupert Sheldrake, évoque l’existence d’une mémoire de l’univers directement accessible aux chamans qui n’est pas sans rappeler le Dreamtime des aborigènes australiens.

Enfin, l’ethnobotaniste Terence Mc Kenna émet l’hypothèse que l’homnisation, c’est-à-dire l’augmentation de la volume cérébral et l’acquisition du langage, n’a pu se faire que par l’incorporation accidentelle mais répétée de composés psychotropes dans l’alimentation de certains singes Pour beaucoup d’anthropologues (essentiellement européens) et d’ethnopsychiatres, ces différentes théories correspondent à ce que Jean-Pierre Chaumeil a appelé un  » durcissement des approches du chamanisme visant à lui trouver des bases plus rationnelles « . Il va sans dire que l’ensemble des pratiques chamaniques ne procèdent pas forcément d’une haute inventivité dans le domaine des sciences de la nature et que bon nombre d’entre elles telles que les actes de sorcellerie par exemple, relèvent pour une bonne part des sciences sociales.

Dans cette perspective, on peut avancer que les chamans ne parviennent pas toujours à obtenir des  » visions signifiantes  » et qu’ils doivent alors se contenter de leurs acquis antérieurs (ou culturels, archétypaux diront les ethnopsychiatres) pour soigner dans l’urgence l’infortune pour laquelle on les sollicite.

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

 

février 2012
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