Uwishin : shamanisme et transes

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Le 7 e Printemps du livre parrainé par Claude Marti s’ouvre aujourd’hui

Sur les trente-huit auteurs présents au 7 e Printemps du livre, des médias et des arts du Vigan qui se tient au coeur de ville à compter d’aujourd’hui, 20 femmes seront de la manifestation.
Parmi elles, Claudie Ogier ancienne élève de l’Ecole supérieure d’art graphique de Paris, notamment à l’origine de la collection de livres jeunesse Choubouloute.
Très connue aux Antilles, cette collection pédagogique qui a été supervisée par le rectorat pour l’apprentissage de la lecture.
La collection fête ses dix ans et ses dix titres cette année. Installée maintenant dans sa région natale à Nîmes, Claudie Ogier est aussi artiste peintre et a créé sa première collection de livres jeunesse en 2000.

Sur le site également, la journaliste Marie-Joséphine Grojean, auteur
de livres et de scénarios de films, qui a publié La planète bleue, Les Cévennes, rêve planétaire et Une pédagogie de l’eau.
Elle interviendra à 16 h 40, pour présenter son nouveau livre et parler du Chamanisme ; modernité et tradition. L’auteur est formel : « Cette rencontre exceptionnelle autour des médecines et des cultures naturelles nous place de plein fouet au coeur des contradictions contemporaines face à la globalisation qui écrase souvent les plus faibles et ignore les richesses encore intactes des cultures premières. » Rappelons enfin que l’invité d’honneur de cette manifestation est, cette année, le chanteur, écrivain et conteur occitan Claude Marti.
Le programme de la journée : à 10 heures, ouverture de la manifestation littéraire ; à 12 heures, présentation officielle de la manifestation, allocutions et apéritif offert par la municipalité du Vigan, participation du groupe vocal ; à 14 heures, séquence poésie avec Ruben Pisano ; à 14 h 20, une littérature pour les jeunes avec Claudie Ogier ; à 14 h 40, conte arabe avec Majid Sagatni ; à 15 heures, deuxième séquence poésie avec Lydia Pavot ; à 15 h 20, la vie d’un journal occitan français avec Eliane Chastel ; à 16 heures, contes présentés par Claude Marti ; à 16 h 40, Le chamanisme : modernité et tradition avec Marie-Joséphine Grojean ; à 17 heures, troisième séquence poésie avec Marie-Hélène Fontès ; à 17 h 20, Sur la piste du loup avec Antoine Pol ; à 17 h 40, rencontre avec Liliane Gabel, artiste et écrivain.


L’ayurveda n’a rien à voir avec l’ayahuasca, la preuve !

J’ai entendu plusieurs fois des personnes mélanger l’ayurveda et l’ayahuasca… alors que ça n’a rien mais alors rien n’à voir…
L’ayahasca est une liane dont la décoction mélangée avec une autre substance qui provoque une émulsion est une substance utilisée par les chamanes amérindiens pour provoquer des transes. Et l’ayurveda …
voici :

Cette philosophie de vie et cette médecine douce existent depuis plus de 5000 ans en Inde. L’ayurveda est composé de deux mots : ayur qui signifie la vie et veda qui signifie connaissance ou science. Cette philosophie a pour but principal de vous aider à rééquilibrer vos énergies afin de vivre en parfaite harmonie avec vous-même et avec le monde qui vous entoure.

L’ayurveda est, à la fois, un véritable mode de vie et une médecine douce que l’on appelle médecine ayurvédique.
Pour ce qui est du mode de vie, l’ayurveda se pratique tous les jours. Vous devez travailler sur vous quotidiennement. Vous devez faire très attention à l’écologie, mais pas à celle que, nous, occidentaux, nous connaissons. Vous devez faire attention à la nature qui vous entoure en la préservant, mais aussi à votre nature intérieure. Ainsi, vous devez éviter de polluer votre être par des éléments néfastes, comme les pensées négatives. Pour cela, vous devez adopter une attitude positive. De même, vous devez apprendre à contrôler vos émotions et vos pulsions, comme la jalousie, la colère, l’incertitude, le fanatisme.
Un travail sur vous s’impose donc afin que vous accédiez au bien-être et la paix intérieure, tout en essayant d’être en parfaite harmonie avec la nature qui vous entoure. C’est ainsi que vous devez changer votre alimentation suivant les différentes saisons. Tous les actes de votre vie quotidienne sont réglés de manière précise et chaque moment de la journée doit être consacré à une activité précise. Le matin, vous devez, par exemple, vous lever tôt, vous masser, faire de l’exercice physique, prendre une douche, vous purifier, méditer, manger avant d’aller travailler. Le soir, vous devez être créatif, vous promener, rencontrer du monde, méditer, vous reposer et dormir.
L’alimentation est d’une grande importance dans l’ayurveda. Vous devez consommer sans excès et de manière saine. Par exemple, vous devez manger uniquement quand vous avez faim.
Le monde est un tout et chacun de ses éléments (l’espace, l’air, la terre, le feu, l’eau) interagisse entre eux. Ils agissent sur l’homme et l’influencent. De la même manière, l’homme influence la nature. Et le but est de trouver l’harmonie parfaite afin que l’équilibre se fasse.
L’ayurveda est donc en quelque sorte un traitement préventif des maladies. Mais, si ces dernières apparaissent, des traitements « médicaux » existent.
L’ayurveda a donné naissance à la médecine ayurvédique, une médecine douce, enseignée dans les Universités en Inde.

Selon l’ayurveda, chaque personne possède un Prakruti, une constitution et un métabolisme qui lui sont propres. A partir de là, ont été définies trois humeurs ou Doshas, c’est-à-dire des énergies vitales qui régulent l’organisme. Ces trois humeurs sont Vata, Pitta et Kapha. Chacun d’entre nous est plus ou moins Vata, c’est-à-dire impulsif, imaginatif, insomniaque et inquiet ; Pitta, c’est-à-dire très résistant, colérique et passionnel et Kapha, c’est-à-dire de constitution solide mais lent et sujet à l’obésité et au cholestérol.
Afin d’être en bonne santé, il faut que vos trois humeurs soient équilibrées.
Si vous êtes malade, c’est donc qu’une de vos humeurs est en excès dans votre corps. Si vous avez mal, c’est la Vita qui est en excès, si vous êtes fiévreux, c’est la Pitta et si vous vous grattez, c’est la Kapha. A chaque humeur correspond un traitement distinct, qui consiste en massages, en lavements, en régimes alimentaires, en exercices physiques, en exercices mentaux et spirituels et plus surprenant encore, en jeûnes, en chants, en affection, en réunions amicales, etc.

Le principe même de la médecine ayurvédique, est de soigner la personne (des enfants aux personnes âgées) et non la maladie. Chaque personne étant de constitution différente, étant composée d’humeurs différentes, le traitement ne sera pas le même.
Ainsi, en examinant vos yeux, votre langue, votre poignet ou vos urines, le médecin ayurvédique pourra poser le diagnostique et déterminer le traitement qui vous convient le mieux.

Ces traitements qui pourraient paraître incongrus à des esprits occidentaux, consistent à soigner votre corps dans sa globalité. Par exemple, si vous souffrez du foie, on ne va pas vous donner uniquement un traitement pour le foie. L’ensemble de votre corps et de votre esprit sera traité.
Ce traitement s’effectue par étapes :
- le nettoyage de votre organisme (le Shodan) qui consiste en massages avec des huiles et des herbes pour éliminer les toxines ; en lavements, en vomissements, en douches nasales pour vous libérer des surplus ; en ingestion de yaourts spéciaux pour reconstituer votre flore intestinale
- le traitement spirituel (le Shaman) qui consiste en méditation, yoga, chants, respiration afin de réconcilier les doshas
- les exercices physiques et respiratoires avec absorption d’herbes et de minéraux afin d’améliorer votre vitalité et vos performances physiques (le Rasayana)
- la pratique des mantras (thérapie par le son), des yantras (aide à la concentration) et des tantras (direction de l’énergie au travers du corps) afin de lutter contre le stress et d’augmenter votre équilibre psychologique dans le but de vous élever spirituellement et mentalement.
En prévention des maladies, sont proposés des régimes destinés à vous aider à renforcer vos organes les plus faibles et à trouver l’équilibre entre votre corps et votre esprit.
En France, la médecine ayurvédique pure et dure, ne semble pas encore faire de nombreux adeptes. Il faut certainement être né en Inde pour parvenir à comprendre totalement les principes mêmes de l’ayurveda. Par contre, font leur apparition depuis quelques temps les massages ayurvédiques, les cures, les régimes alimentaires d’inspiration ayurvédique, sans oublier le yoga.

L’ayruveda paraît compliqué au premier abord et il est certainement très difficile d’en connaître tous les tenants et aboutissants. Toutefois, avec l’évolution des mentalités occidentales allant vers un désir de vivre davantage en harmonie avec la nature, vers un mieux être physique et mental, est-ce que l’on ne se rapproche pas un peu plus chaque jour de l’ayurveda ?

Co-auteurs : BRUNET Isabelle (spécialiste en développement personnel) et GAWELIK Katy (Docteur en droit, spécialiste en bien-être et en épanouissement personnel)
N’hésitez pas à visiter le site Abond@nce Editions http://www.abondance-editions.com et à télécharger les ouvrages et les audios gratuits.
“Vous êtes autorisé à publier cet article sur votre site à la seule condition de garder le contenu intact, d’indiquer le nom des auteurs et de maintenir les liens cliquables”.
Source : http://Contenu-Gratuit.com

Sectes et chamanisme chez les Miviludes

Sectes et chamanisme : un texte excellent de Sylvie Simon qui commente l’actualisté française.



« Tout ce qui est naturel peut cacher des dérives sectaires » a déclaré Georges Fenech, président de la Miviludes (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires). Il vient de déposer son rapport annuel destiné à François Fillon : « Je lance un appel à tout le personnel médical, à tout le système de soins français, à tous les conseils de l’Ordre des médecins, il faut être extrêmement vigilant. Il faut que les peines prononcées pour exercice illégal de la médecine soient plus dissuasives. »

Dans son rapport de plus de 300 pages — il faut bien justifier l’argent que lui octroie l’État —, il en consacre plus de 60 au chamanisme et aux plantes utilisées par les chamans, et publie le témoignage, évidemment anonyme, d’une femme ayant été séduite par un homme qui pratiquait le rituel « bwiti » et consommait de l’igoba, plante psychotrope largement utilisé au Gabon. On se demande quel peut être le rapport entre ce cas d’une pauvre femme séduite par un drogué comme il en existe malheureusement beaucoup et les « dérives sectaires » qui menacent la France.



Dans le chapitre intitulé « hors les murs », Miviludes raconte ses promenades hors des frontières hexagonales pour se répandre dans quelques pays européens, Autriche, Pologne, Suisse, puis en Russie, dans l’intention de leur donner des conseils. Seuls 3 pays européens sur 57 : Belgique, Autriche et Slovaquie, semblent avoir, et dans des proportions bien moindres, une politique similaire à celle de la France en matière de « dérives sectaires ». En Grande-Bretagne et en Suisse, il existe des instituts indépendants dont la mission est de collecter des informations sur les sectes à partir de rapports politiques ou de travaux universitaires qui ne sont que des banques de données, mais qui n’émettent aucun jugement de valeur, et donnent aux groupes en question la possibilité de donner leur point de vue, alors que Monsieur Fenech estime que l’on ne discute pas avec ces gens.



La Miviludes consacre un chapitre à la nutrition, aux régimes et compléments alimentaires, elle fustige les thérapeutiques non conventionnelles, la psychologie alternative, tout mode de vie non conventionnel « dans lesquels les groupes sectaires se sont engouffrés » et propose de lutter contre les infractions au titre de l’exercice illégal de la médecine ou de la pharmacie. « Nous sommes là face à un phénomène, si on n’y prend pas garde, qui peut faire beaucoup de victimes ». D’après ces affirmations 500 000 personnes seraient concernées directement, et parmi eux une grande partie d’enfants. La dérive sectaire « ne régresse pas, elle se développe incontestablement » et, selon Georges Fenech, il existerait 600 mouvements ou pratiques qui présentent des risques, alors qu’en 1995, la mission d’enquête parlementaire en avait dénoncé 172. Il est certain que si ces 172 groupes avaient été l’objet de condamnations civiles ou pénales, cela aurait été un argument majeur avancé par la Miviludes. Comme cet argument n’a pas été utilisé, on peut en déduire que l’immense majorité de ces 176 groupes n’a jamais été condamnée ni civilement, ni pénalement. Depuis longtemps Monsieur Fenech annonce que 80 000 enfants seraient en danger dans les sectes en France, mais il n’a pu trouver que huit cas seulement qualifiés de suspects au cours de sa carrière de dénonciateur. Ces chiffres alarmistes, totalement fantaisistes, sont mis en avant pour susciter la peur et la suspicion de l’opinion publique, sur lequel est basé son fonds de commerce. « Nous allons établir des dossiers dans lesquels nous rassemblerons tous les signalements que nous recevons », et ces dossiers seront « consultables à la Miviludes par les autorités publiques et les associations ».



En avant-première de ce rapport Georges Fenech a expliqué dans une interview au journal en ligne Backchich.info du mercredi 29 avril 2009 : « Par exemple, cette année l’axe fort sera la liberté d’enseignement. La priorité sera donnée à l’Éducation. Les enfants n’ont pas à être sous la coupe réglée des parents. L’enfant n’est pas leur propriété. » Seraient-ils devenus la propriété de l’État ? La Miviludes s’emploie à jeter l’anathème sur les parents qui veulent élever leurs enfants à la maison, dans un contexte plus sécurisé que dans bien des écoles où règne la violence. Ces parents, stigmatisés comme des criminels, se trouvent désemparés dans le climat permanent de répression qui aboutit souvent à des descentes de gendarmes utilisés alors comme une « police de la pensée. » Monsieur Fenech se sent d’autant plus important que son association a été invitée à faire partie d’un groupe d’évaluation des pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique par le Pr Didier Houssin, directeur général de la Santé. On peut se demander ce que vient faire dans un secteur qu’il est incapable d’évaluer un représentant de la Miviludes, composée d’individus autoproclamés spécialistes de sectes et qui dénoncent tout ce qui, à leurs yeux, représente un danger pour notre société et nos enfants, comme l’enseignement à domicile, les thérapies alternatives, et surtout les refus de vaccination. N’oublions pas qu’en contradiction formelle avec la loi antiraciste en vigueur en France, la Miviludes est à l’origine de 900 procédures qui ont donné lieu à 8 actions en justice qui, pour finir, n’ont abouti qu’à une seule condamnation, une amende de 5 000 francs. On peut ainsi constater encore une fois le gaspillage de l’argent que le gouvernement lui octroie. Il faut savoir que l’existence même de cette mission a été remise en question par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur dans un article paru dans Le Parisien. D’après elle, il faut « assurer la liberté de croyances de tous », et « ce n’est pas à la Miviludes de définir une politique ni de mener des actions de répression ».



De leur côté, les chercheurs en sciences sociales, dont nombre de juristes, ayant étudié sérieusement la question des sectes, sont quasi unanimes sur l’absence de fléau social et l’absence de démarche de connaissance des pouvoirs publics sur ces questions. Si ces mouvements ne troublent pas l’ordre public, il n’y a pas de raison de les interdire par respect pour la liberté de conscience. Ces experts sont généralement exclus du champ d’action d’organismes comme la Miviludes qui ne proposent pas de réflexion, mais seulement des outils de répression. Ainsi, l’historienne Anne Morelli, directrice adjointe du centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité à l’université libre de Bruxelles, a déclaré au CICNS (Centre d’information et de conseil des Nouvelles spiritualités) que : « Les associations anti-sectes, que j’ai appelé « la secte des adversaires de sectes », m’inquiètent beaucoup, que ce soit en Belgique ou en France. Ce sont des gens qui sont braqués sur un problème et essayent de dénicher partout leurs ennemis. Alors je pense que c’est assez inquiétant qu’ils soient subventionnés pour faire la chasse aux sectes. » Nathalie Luca, sociologue au Centre d’études interdisciplinaires sur les faits religieux (CNRS-EHESS), a été membre de la Miviludes jusqu’en novembre 2005, mais elle a démissionné au motif qu’elle refusait d’être liée à un prévisible durcissement de la position de cet organisme. L’ethnologue Maurice Duval pense que la chasse aux sectes est assez typiquement française, et que les délits sont insignifiants en nombre et en qualité. Il explique que la lutte contre les sectes est un ingrédient politique de premier ordre dans la mesure où, quand il y a une peur collective, on peut manipuler les masses d’une manière sans égale.



Quant à Raphaël Liogier, sociologue, Directeur de l’Observatoire du religieux d’Aix-en-Provence, Professeur des universités à l’Institut d’études politiques, il déclare que : « En France, la politique anti-sectes est une politique que l’on trouve essentiellement au Ministère de l’Intérieur. C’est-à-dire que c’est une politique policière », et précise : « quand c’est dépendant du Ministère de la Justice, on n’a pas encore “jugé ”. Alors que policier veut dire qu’on a déjà jugé que c’était dangereux a priori ». Alors qu’en 2008 le satanisme était l’un des dangers à conjurer, dans le rapport de 2009 c’est le chamanisme « déferlant » et le « nutritionnisme » qui sont dans le collimateur, largement repris par les médias qui se gardent bien de dire que les partis politiques, les publicités, les sociétés de crédit et les religions de tous bords sont des spécialistes de la manipulation mentale. Dans un article publié le 13 février 2009, Le Parisien annonçait l’intention de Georges Fenech de publier une nouvelle liste noire de sectes, sur le modèle de celle que la commission d’enquête parlementaire de 1995 avait établie et qui n’avait pas manqué de placer la France, au sein des instances internationales, comme une pourfendeuse de la liberté de conscience. Dans un courrier adressé à François Fillon, Michèle Alliot-Marie avait fait part, de son « étonnement » face à ces intentions de la Miviludes, « sans concertation interministérielle préalable » et dénonçait l’atteinte à la liberté de conscience, le retour en arrière, et la fragilisation de la France sur la scène européenne et internationale. Voyant qu’il allait sans doute trop loin, Georges Fenech a remplacé l’expression « liste de sectes » par « référentiel des mouvances et des pratiques témoignant de dérives sectaires ». Il a changé les mots, mais les intentions sont les mêmes.



Quinze ans plus tôt, un groupe parlementaire étudiant ce phénomène avait publié à partir d’informations des Renseignements généraux une liste d’environ 200 noms, vivement critiquée par les organisations citées qui s’estimaient stigmatisées. Dix ans après, Jean-Pierre Raffarin avait demandé quelques jours avant son départ de Matignon « le retrait de cette liste noire ». Mais le changement de langage de la Miviludes ne trompe personne et cette pratique regrettable du fichage ressemble à s’y méprendre à l’ordonnance du 28 février 1933 publiée par le gouvernement du Troisième Reich dont Hitler était le chancelier, et qui établissait une liste de sectes interdites au nom de « la protection du peuple et de l’État ». Cette ordonnance visait à protéger non seulement la santé physique du peuple allemand mais aussi sa santé spirituelle. Le Cicns a fortement réagi, à juste titre : « Est-ce possible qu’à la tête d’une commission nationale de rapport sur les sectes se trouve quelqu’un qui n’a fait personnellement aucune recherche (sinon quelques démarches minables) et qui est étonné par exemple des résultats d’une enquête menée par les juges du pays sur le soi-disant embrigadement et dévoiement des milliers d’enfants dans des sectes (en fait, cette enquête montre qu’il n’y a pas des milliers de cas ! Mais qu’au bout de deux ans de recherches, seulement huit cas qualifiés de suspects et incertains ont été trouvés) ! »



Parmi les victimes de la police nazie, on pouvait compter, parmi bien d’autres, les Témoins de Jéhovah, les théosophes, les mouvements gnostiques, ou les anthroposophes qui ne faisaient pas partie de la liste des sectes de la Miviludes en 1995, mais qui y figuraient en 1999. À quand les camps de concentration pour ces « déviants », ainsi que pour tous ceux qui osent penser différemment et ne font pas partie de la société stérilisée que nous avons constituée ? Quant à ce qui concerne la santé publique, le député et magistrat Georges Fenech, président de cette secte « anti-sectaire » et victime d’une véritable psychose, est peu qualifié pour la juger. Certains praticiens, très compétents mais qui déplaisent au pouvoir, risquent-ils de figurer sur une « liste noire », comme c’est arrivé aux États-Unis pour des cinéastes qui osaient critiquer l’intervention américaine au Vietnam et qui ont vu leurs carrières brisées et leurs familles ruinées, par un malade mental dangereux, mais qui a sévi pendant des années dans un pays qui se disait, lui aussi, défenseurs des libertés ? Monsieur Fenech va-t-il jouer le même rôle que le sénateur Joseph McCarthy, de sinistre mémoire, qui voyait des communistes partout comme lui voit des sectes partout ?



Tout cela pourrait prêter à rire si ces mouvements totalitaires — qui utilisent souvent des pratiques coercitives et violentes, comparables à celles des sectes qu’ils dénoncent — n’étaient pas encouragés par notre République, réputée laïque, qui leur distribue, depuis plusieurs années, des subsides de plusieurs centaines de milliers d’euros par an. À ce sujet, la cour des comptes s’est intéressée aux conditions d’emploi du parc des véhicules banalisés mais de grand luxe des services centraux de la direction générale de la police nationale, qui coûte au contribuable 2,5 millions d’euros par an et qui est mis en permanence à la disposition de personnes n’exerçant aucune fonction au ministère. Parmi les personnes bénéficiant de ce privilège, on découvre avec surprise le président de la Miviludes. Cette dépense aux frais des contribuables s’ajoute aux nombreuses subventions qui lui sont généreusement attribuées. Il faut aussi savoir que Georges Fenech, ancien partisan de la peine de mort, adepte de la « tolérance zéro », est bien plus tolérant pour lui-même que pour les autres. Il a été reconnu coupable d’« injures publiques raciales », mais sans condamnation (en France les politiques sont parfois coupables mais jamais condamnables). Cependant, sa conduite l’a obligé à prononcer la dissolution de l’Association Professionnelle des Magistrats qu’il présidait et, en décembre 1998, il a dû renoncer à sa nomination au poste de premier juge d’instruction à Paris pour lequel il était pressenti. Le Conseil Constitutionnel l’a déclaré « inéligible pour une durée d’un an à compter du 27 mars 2008 » et « démissionnaire d’office » car, contrairement à ses affirmations comme l’a souligné le jugement, il a fait régler par des tiers des dépenses de campagne en violation de la loi sur le financement de la vie publique.



En juillet 2001, Georges Fenech a été mis en examen pour recel d’abus de biens sociaux, car son Association Professionnelle des Magistrats a reçu en 1997 un chèque d’une banque suisse pour la somme de 100 000 francs payée par la société Brenco, dirigée par le marchand d’armes Pierre Falcone, impliqué dans une vente illicite d’armes vers l’Angola qui est en ce moment sur la sellette. Georges Fenech s’est défendu en affirmant que ce versement, qui a permis à sa revue de survivre, correspond à 25 abonnements de soutien pour deux ans. Il prétend également avoir ignoré que la société Brenco vendait des armes, alors que le Général Mouton, qui lui avait présenté Falcone à sa demande, a déclaré au tribunal que Fenech était parfaitement au courant de la qualité de trafiquant d’armes de Falcone. « Je n’ai jamais entendu parler de commerce d’armes. Et si j’en avais entendu parler, je ne crois pas que cela aurait pu me dissuader car je n’ai rien contre l’armement français. » Qui peut croire qu’un ancien juge d’instruction, dont le métier est d’enquêter sur la vie des prévenus, ne manifeste aucune curiosité sur la provenance d’un chèque qui finance au moins la moitié de sa revue. « Il ne s’agissait pas de n’importe quelle association, mais d’une association de magistrats de l’ordre judiciaire ! » comme l’a rappelé le procureur, en soulignant que Mr Fenech aurait dû faire preuve d’une « vigilance accrue », puisqu’il présidait un syndicat de magistrats et aurait dû connaître le caractère illicite du versement.



La décision du Conseil constitutionnel n’était susceptible d’aucun recours, mais le 28 août 2008, Georges Fenech était réintégré dans la magistrature et nommé premier substitut auprès de l’administration centrale du ministère de la justice. Il a été mis à la disposition des services du Premier ministre François Fillon, qui lui a alors confié une mission d’évaluation des dispositifs judiciaires de lutte contre les sectes et l’a nommé président de la Miviludes par décret du Premier ministre. Il faut aussi préciser que c’est Georges Fenech qui, le 9 octobre 1992, a rendu un non-lieu dans l’affaire de l’assassinat du juge Renaud qui, ainsi, ne sera jamais résolue. L’affaire est aujourd’hui prescrite. Et c’est cet individu qui est chargé par notre Premier ministre François Fillion de juger la culpabilité des « sectes » ! Jean-Pierre Dubois, Professeur de droit public à Paris XI et président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) française depuis le 5 juin 2005 l’explique ainsi : « L’objectif véritable en France n’est pas la sécurité, c’est d’habituer le citoyen à être surveillé. » Et il précise : « Je n’ai aucune idée de la définition d’une secte qui ne soit pas pour le moins périlleuse parce que ce terme a été employé de manière très diverse dans l’histoire, il est encore employé avec toute une série de connotations diverses selon les personnes qui l’emploient. Je crois surtout qu’un État laïque n’est pas légitime à distinguer juridiquement entre les sectes, les Églises ou plus généralement les communautés religieuses. Enfin, la notion de comportement sectaire peut parfaitement s’appliquer à autre chose qu’à des communautés religieuses, par exemple, à des partis politiques ou à d’autres types d’associations. » 
 Il nous reste à espérer que l’incompétence du sieur Fenech, qui ne semble pas troubler le gouvernement Fillon, mènera bientôt à la dissolution de la Miviludes, évoquée à plusieurs reprises par certains acteurs du gouvernement.


Sylvie Simon

Uwishin, Conte shamanique

Uwishin, Conte shamanique

UWISHIN, par Julien STEPHAN
Roman 196 pages ISBN 978-2-9515992-62-3 Prix : 23 €
(septembre 2009)


Il y en a qui ont le blues, Shakaim lui a le rock.
Si certains se shootaient au Prozac, avec Shakaim ils entrent en transe et se libèrent. Dans sa tribu, ses
chants, danses et incantations amènent joie et guérisons autour de lui. L’auditoire grandit brutalement pour ce
shaman inhabituel. Chance de transmettre ses visions, de guérir le monde ou fin de son voyage ?

Disponible en version électronique sur www.i-kiosque.fr : 11,50 €


Version papier : http://www.uwishin.net/uwishin-le-roman/

Bono de U2 se voit plus comme un portier que comme un Shaman

Bono shaman ?

Bono shaman ?

Bono est typiquement l’exemple de ce qu’on pourrait comparer à un Shaman moderne, tel Shakaim dans Uwishin, le conte chamanique.

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Quelle impression avez-vous lorsque vous montez soir après soir sur cette scène vaisseau spatial massive ?

BONO Au départ, son échelle était un petit peu angoissante. Je la dessinais sur des serviettes en papier au restaurant et la construisait avec des fourchettes et autres trucs du genre. Mais lorsque l’on l’a face à soi, je dois dire que j’ai un petit peu les genoux qui tremblent.

Quelque chose en particulier, vous a-t-il surpris sur cette tournée ?

BONO J’ai déjà vécu quelques expériences hors de mon corps sur la route, ce qui me rappelle que je me vois plus comme un portier que comme un shaman. Je pense vraiment qu’il y a de la magie dans la musique que nous ne comprenons pas vraiment. Des moments où les chansons vous aspirent dans un endroit où, et ça semble prétentieux, mais où ce n’est pas tant vous qui chantez la chanson mais où l’on a le sentiment que c’est la chanson qui vous chante — et lorsque cela arrive, je suis stupéfait.

Chamanisme : le chainon manquant entre Lascaux Michael Jackson (vol 1)

Grotte Lascaux

Grotte Lascaux

Imaginez-vous il y a 17 000 ans quelque part dans le Périgord. Aux trois quart à poils, avec presque rien n’à manger, des bestioles de partout pour vous mordiller les pieds et le reste, et ceux de votre femme et de vos enfants pendant la nuit. Un petit feu à allumer, à faire prendre, à chérir, à entretenir. Imaginez-vous un petit groupe avec peu de vieux mais beaucoup de jeunes, et de femmes. Pas d’agriculture performante, toujours à se battre pour avoir un petit truc à manger le soir et le partager avec les autres. Imaginez vous risquant votre vie à chaque chasse pour ramener de quoi manger à ce qu’on ne peu même pas appeler un village. Imaginez votre petite condition humaine, vos peurs, vos angoisses, vos rêves, votre rage. Et au milieu de tout ça, dans votre tribu, un gars payé à ne rien foutre, qui ne va pas à la chasse, qui ne risque pas sa peau, qui se contente de peindre quelques bestioles sur les murs et d’organiser des rituels, et que tout le monde regarde d’en bas. Que ressentiriez-vous ? Trouveriez-vous ça normal ?


Fans Tickets

Fans Tickets

Imaginez deux milles personnes faisant la queue devant un guichet, certains venus de loin, certains campant devant, certains avec toutes leurs économies dans la poche, fébriles, anxieux, excités, heureux. Imaginez que ces gens normaux, d’aujourd’hui, avec leurs problèmes, leur travail, leur mari, leur femme, leurs rêves, font tout ça pour deux heures d’un mec qui gigote et qui danse devant eux, et que ça vaut peut être encore beaucoup plus pour eux que ce qu’on leur demande.


Imaginez-vous si on vous annonçait qu’il ne vous restait plus que deux mois à vivre parce que la maladie que vous avez ne peut-être guérie par la médecine classique. Si on vous disait qu’un mec avec des plumes dans les cheveux va marmonner autour de vous pendant 3 heures et qu’en sortant vous guérirez. Tenteriez-vous l’expérience ?


Guérisseur

Guérisseur

Imaginez tous ces gens qui souffrent de migraines et de mal de cou, et qui prennent des pilules qui donnent mal au ventre pour arrêter d’avoir mal à la tête, et puis ensuite des pilules contre le mal de ventre, qui leur provoquent des poussées de petits boutons rouges alors ils se mettent de la crème et boivent du jus de carottes, en continuant à prendre toutes les autres pilules. Alors que seule leur angoisse seule est la cause de leur mal de tête, et que peut-être s’ils se mettaient à peindre un peu pour se changer les idées, ou s’ils allaient à des concerts de chanteurs qu’ils aiment bien plus souvent ça leur changerait les idées et ils n’auraient plus mal à la tête.
Non je n’ai pas parlé de religion, il n’en est pas besoin. Dans ses fondements les plus basiques nous serions fous de rejeter le rôle de la notion même du chamane : celui qui sait, celui qui réunion, celui qui entraine, celui qui libère. Gloire aux chamanes qui nous font voyager, qui donnent de l’espoir.


Quelle gloire peut-il y avoir à tout nier en bloc, à ne croire en rien, à ne vivre que pour garder son poste et toucher son salaire à la fin du mois ? Manque de rêve… comme un chasseur de l’époque des grottes de Lascaux qui n’auraient pas voulu comprendre pourquoi il devrait chasser pour celui qui ne chasse pas.


Plus loin dans le chamanisme ? Tentez la dernière interview sur le roman Uwishin en cliquant ici, ou commandez le roman.
Et à bientôt pour le prochain épisode.

 

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