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Nouvelle tendance à l’intérêt dans les médecines de guérison « douces »

Oui, je suis de retour, de retour de vacances on pourrait dire… plus exactement du mariage de ma soeur. Tout c’est très bien passé, dans ce Périgord noir où l’on mange si bien.

shaman equatorien

shaman equatorien




Ce petit tour en France m’a permis de faire quelques petits tours en kiosque et de découvrir une tendance assez marquée, un gain d’intérêt pourrait-on dire, pour les médecines qu’on qualifie de douces, et au delà de ça pour les pratiques shamaniques (chamaniques) au sens large. Je prendrais plusieurs articles dans les jours qui viennent pour détailler mes commentaires face à ce que j’ai pu lire (et je rassure mes lecteurs, mais en même temps les supports les valaient bien), mais il est déjç absolument étonnant et tout à fait ravissant de découvrir dans le même kiosque que la une du GEO et du MONDE DIPLOMATIQUE (parmi d’ailleurs mes deux lectures préférées) titrent sur le chamanisme. – pour ceux qui se demandent encore pourquoi je m’obstine à écrire chaman, shaman, il faut savoir que le mot shaman vient du tongouse (langue sibérienne, pratiquée jusqu »à la mongolie), ou le shamane, shaman, ou samane est celui qui possède la connaissance (l’éveil ?). On parle aussi souvent du mot shramane, shramana ou sramana en sanscrit (équivalent du latin indien) signifie ascète, sage vivant à l’écart, mais l’origine sibérienne ou mongole est plus probable. La francisation en chamane présente certe un intérêt de lecture, mais me parait un peu abuse et dénuée d’étymologie.
Reprenons: voir deux des meilleurs et plus influent magazines vendus en France titrer sur le chamanisme (puisque c’est ainsi qu’ils l’écrivent), m’a mis un énorme beaume au coeur. Car il y a près de 7 ans, quand je commençais mes recherches et mon apprentissage approfondi du monde shamanique :p , j’avais espoir, mais je ne pensais pas trouver un intérêt aussi marqué et rapide. Vous me direz : entre GEO et LE MONDE DIPLOMATIQUE et le monde, il y a un gouffre, ou encore : ce n’est pas parque qu’ils ont fait un numéro la dessus que l’intérêt général y est mélé. Vous n’auriez pas tord. Cela dit, ce sont des meneurs d’opinion, et en ces temps de crise, la recherche de vraies valeurs se fait plus cruelles. Les maladies liées au stress sont plus évidentes, plus marquantes que jamais alors que tout le monde ou presque a peur de perdre son travail ou ses assedic (pole emploi pardon), et les voies de la guérison à ces maux sont recherchées. Les pratiques classiques du yoga ne sont pas satisfaisantes car le yoga n’est qu’un moyen mis à la disposition d’une certaine forme de spiritualité, qui ne peut délivrer son plein potentiel sans prendre en compte cette spiritualité.



Vous me direz : et la religion dans tout ça ? N’est-elle pas une porte de sortie plus sure et moins piégeuse que ces pratiques.

Je vous répondrais en partant de ma propre expérience : il n’y a rien d’opposé entre la religion et le shamanisme. Les chamans existaient avant toutes les religions (Lascaux il y a 15 000 ans ne sont apparues que plus de 5000 ans après les traces des premiers chamans!) et comme disait le professeur D T Suzuki à propos du zen : on peut être musulman zen ou catholique zen, rien ne s’y oppose ! Il n’y a pas de forme d’idôlatrie ou de Dieu chez les chamans (à part une part mythologique chez certains comme les jivaros). Le chamanisme est une pratique avant tout, au même titre que le zen (ce que je développe largement dans le roman UWHISHIN), il n’y a aucunement de contradiction avec une quelconque pratique ou obédience religieuse.


C’est donc un grand plaisir de voir fleurir cet intérêt nouveau et partagés pour les peuples et les pratiques qui entourent les esprits de la guérison et de l’union des peuples.
Je prendrais du temps dans les jours à venir pour discuter avec vous des thèmes et postulats pris et abordés dans les différents articles de ces journaux, et j’espère pouvoir en discuter largement avec vous.


L’ayahuasca, chapitre 4

Nature et Règne Végétal

Nature et Règne Végétal

Suite et fin de ce passionnant papier, avant de se jeter d’en d’autres.
A NE PAS rater, c’est dans ces quelques lignes qu’on touche -pour moi- au coeur.
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Même si l’évolution du vivant reste un grand mystère, prêter une telle intentionnalité aux plantes dépasse bien sûr notre entendement ou plus exactement notre… conception du monde. A l’inverse pour les peuples chamaniques, l’étroite symbiose et interdépendance des tous les êtres vivants s’impose comme une évidence. Il s’agit là d’une écologie intuitive et métaphorique qui s’élabore notamment à partir des rêves et des visions pour ensuite s’ancrer dans les mythes et les légendes.

Une phrase d’un chaman shuar résume bien cette position :  » On ne trouve pas les vertus thérapeutiques d’une plante donnée, c’est elle qui se manifeste à nous. « . Ainsi les Indiens prêtent-ils aux plantes une certaine mobilité dans l’espace-temps, une capacité de communication inter-espèce, voire des facultés anthropomorphes :  » Elles se mettent en travers de notre chemin ; elles nous appellent ; elles changent (d’attitude) si on leur parle. « . Or cela n’est qu’un langage métaphorique propre aux peuples chamaniques destiné à traduire leur conviction concernant l’existence d’un lien constant et quotidien entre les deux règnes vivants.

D’autres auteurs ont essayé d’élaborer des pistes de réflexion permettant d’objectiver cette cohérence du vivant, voire même de la matière en son entier (lacs, montagnes, étoiles…). Au travers de ces théories, l’enjeu majeur n’est pas tant de valider le savoir autochtone, mais de découvrir quel est le véritable mode d’acquisition de ce savoir dont on sait seulement qu’il est intuitif et non déductif. L’anthropologue Jeremy Narby, inspiré par le gène égoïste de Dawkins, a notamment suggéré que les visions réitératives de serpents enlacés pouvaient être des informations génétiques décodées par les chamans ayahuasqueros. Le physicien Joël Steinheimer pense que leurs chants de guérison (icaros, kamlanies), tout droit inspirés par les transes chamaniques, se calquent sur les structures vibratoires de certaines protéines humaines. Ripinsky-Naxon, sur les traces de David Bohm et de Rupert Sheldrake, évoque l’existence d’une mémoire de l’univers directement accessible aux chamans qui n’est pas sans rappeler le Dreamtime des aborigènes australiens.

Enfin, l’ethnobotaniste Terence Mc Kenna émet l’hypothèse que l’homnisation, c’est-à-dire l’augmentation de la volume cérébral et l’acquisition du langage, n’a pu se faire que par l’incorporation accidentelle mais répétée de composés psychotropes dans l’alimentation de certains singes Pour beaucoup d’anthropologues (essentiellement européens) et d’ethnopsychiatres, ces différentes théories correspondent à ce que Jean-Pierre Chaumeil a appelé un  » durcissement des approches du chamanisme visant à lui trouver des bases plus rationnelles « . Il va sans dire que l’ensemble des pratiques chamaniques ne procèdent pas forcément d’une haute inventivité dans le domaine des sciences de la nature et que bon nombre d’entre elles telles que les actes de sorcellerie par exemple, relèvent pour une bonne part des sciences sociales.

Dans cette perspective, on peut avancer que les chamans ne parviennent pas toujours à obtenir des  » visions signifiantes  » et qu’ils doivent alors se contenter de leurs acquis antérieurs (ou culturels, archétypaux diront les ethnopsychiatres) pour soigner dans l’urgence l’infortune pour laquelle on les sollicite.

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

 

février 2012
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