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Petit guide des Yagé, natem, chalipanga, ayahuasca chacruna et chaliponga

J’ai fait relire par des personnes connaissant bien et pratiquant les rituels chamaniques mon livre afin d’en valider les démarches exposées. Je tiens ici à apporter quelques précision sur les constituants du natem (ou yagé), substances absorbée par les chamans de mon roman afin d’avoir des visions et de communiquer avec les esprits.


Il faut deux ingrédients : du chalipanga (ou chaliponga), et la très connue lianna AYAHUASCA. On parle souvent de l’ayahuasca en tant que source des visions, et on me demande régulièrement où trouver de l’ayahuasca en Europe (si si je vous assure :)
Il faut savoir que même si l’ayahuasca est considéré comme un stupéfiant en EUrope (au Canada ou dans d’autres pays il est toléré dans le cadre de pratiques rituelles), est absolument sans effet seul. Machonnez une lianne vous verrez (bon courage quand même c’est fibreux).

Préparation d'ayahuasca

Préparation d'ayahuasca


C’est le fait de mélanger et de faire bouillier ensemble l’ayahuasca avec les feuilles de chalipanga ou de chacruna qui amène au résultat hallucinogène (le seul équivalent est le payot avec sa mescaline).
Là on arrive sur le deuxième point : certains parlent de chacruna, d’autres de challiponga. Il faut savoir que les deux arbustes font des feuilles qui fonctionnent pour faire le mélange, donc on peut préparer le natem (ou yage) avec l’un ou l’autre.
Simplement le chaliponga est beaucoup plus fort, donc il faut avoir l’esprit ncore mieux accrocher pour tolérer ses visions. A savoir que les centres chamanique qui font découvrir ces expériences aux étrangers préparent le natem à base de chacruna moins forte, pour éviter de gros bad trip (c’est déjà extrêmement fort!!)
Donc qu’on parle de l’un ou de l’autre tout le monde à raison, ça marche avec les deux (pour fermer des débats que j’ai eu avec des personnes ne connaissant que l’un ou l’autre).


Je fais ici une parenthèse sur la perception des chamans eux-mêmes. COmment les chamans ont pu découvrir que mélanger ces plantes faisait cet effet ? (c’est totalement improbable de mélanger justement cette liane avec ces feuilles rares!), et ceci dans plusieurs coins de la forêt amazonienne.
La réponse qui m’a été apportée est la même que pour les plantes donc ils se servent de manière médicale (ils ont un arsenal de remède )à chaque mal, à chaque fois avec une ou plusieurs plantes mélangées :
ils repondent : la plante ou les esprits nous disent à quoi elle servent, nous n’essayons pas, nous savons à l’avance.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, il est connu que les plantes un peu comme le règne animal avec les phéromones, peuvent communiquer… de là à comprendre comme cela est possible il y a encore un gouffre, je l’admets. Mais je ne cherche pas trop à comprendre :)
Je reprends …


Normalement la plante se cultive par les shamanes pour l´usage en ayahuasca, le mélange consiste d´une combinaison d´un inhibiteur-MAO et une plante contenant le DMT. Diplopterys cabrerana le produit dans ses feuilles, et la concentration est forte. Chaliponga contient 5 à 10 fois plus d´alkaloïdes que la chacruna (Psychotria viridis). Quelques tribus, comme la Harakmbet ou les shuars, sont d´avis que on passe un ´examen final´ avec de l´ ayahuasca fait de la chaliponga, après quatre ou cinq trips (voyages) avec de l´ayahuasca et de la chacruna mixé et bouillies dans de l’haut pendant plusieurs heures. Lé décoction ainsi obtenue est appelée yagé ou natem.
Le natem ouvre les portes du vraie monde. On pourrait dire que l’ayahuasca est la paire de lunette qui permet de voir ce que provoque le challipanga (ou chaliponga, ou chalipanga) ou la chacruna (équivalent moins fort)


L’ayahuasca, chapitre 4

Nature et Règne Végétal

Nature et Règne Végétal

Suite et fin de ce passionnant papier, avant de se jeter d’en d’autres.
A NE PAS rater, c’est dans ces quelques lignes qu’on touche -pour moi- au coeur.
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Même si l’évolution du vivant reste un grand mystère, prêter une telle intentionnalité aux plantes dépasse bien sûr notre entendement ou plus exactement notre… conception du monde. A l’inverse pour les peuples chamaniques, l’étroite symbiose et interdépendance des tous les êtres vivants s’impose comme une évidence. Il s’agit là d’une écologie intuitive et métaphorique qui s’élabore notamment à partir des rêves et des visions pour ensuite s’ancrer dans les mythes et les légendes.

Une phrase d’un chaman shuar résume bien cette position : ” On ne trouve pas les vertus thérapeutiques d’une plante donnée, c’est elle qui se manifeste à nous. “. Ainsi les Indiens prêtent-ils aux plantes une certaine mobilité dans l’espace-temps, une capacité de communication inter-espèce, voire des facultés anthropomorphes : ” Elles se mettent en travers de notre chemin ; elles nous appellent ; elles changent (d’attitude) si on leur parle. “. Or cela n’est qu’un langage métaphorique propre aux peuples chamaniques destiné à traduire leur conviction concernant l’existence d’un lien constant et quotidien entre les deux règnes vivants.

D’autres auteurs ont essayé d’élaborer des pistes de réflexion permettant d’objectiver cette cohérence du vivant, voire même de la matière en son entier (lacs, montagnes, étoiles…). Au travers de ces théories, l’enjeu majeur n’est pas tant de valider le savoir autochtone, mais de découvrir quel est le véritable mode d’acquisition de ce savoir dont on sait seulement qu’il est intuitif et non déductif. L’anthropologue Jeremy Narby, inspiré par le gène égoïste de Dawkins, a notamment suggéré que les visions réitératives de serpents enlacés pouvaient être des informations génétiques décodées par les chamans ayahuasqueros. Le physicien Joël Steinheimer pense que leurs chants de guérison (icaros, kamlanies), tout droit inspirés par les transes chamaniques, se calquent sur les structures vibratoires de certaines protéines humaines. Ripinsky-Naxon, sur les traces de David Bohm et de Rupert Sheldrake, évoque l’existence d’une mémoire de l’univers directement accessible aux chamans qui n’est pas sans rappeler le Dreamtime des aborigènes australiens.

Enfin, l’ethnobotaniste Terence Mc Kenna émet l’hypothèse que l’homnisation, c’est-à-dire l’augmentation de la volume cérébral et l’acquisition du langage, n’a pu se faire que par l’incorporation accidentelle mais répétée de composés psychotropes dans l’alimentation de certains singes Pour beaucoup d’anthropologues (essentiellement européens) et d’ethnopsychiatres, ces différentes théories correspondent à ce que Jean-Pierre Chaumeil a appelé un ” durcissement des approches du chamanisme visant à lui trouver des bases plus rationnelles “. Il va sans dire que l’ensemble des pratiques chamaniques ne procèdent pas forcément d’une haute inventivité dans le domaine des sciences de la nature et que bon nombre d’entre elles telles que les actes de sorcellerie par exemple, relèvent pour une bonne part des sciences sociales.

Dans cette perspective, on peut avancer que les chamans ne parviennent pas toujours à obtenir des ” visions signifiantes ” et qu’ils doivent alors se contenter de leurs acquis antérieurs (ou culturels, archétypaux diront les ethnopsychiatres) pour soigner dans l’urgence l’infortune pour laquelle on les sollicite.

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

L’Ayahuasca, présentation

L’ayahuasca fait parti du grand secret de l’accès à la conscience des shamans shuars, les uwishins. Cette substance est d’une certaine manière similaire à la mescaline (le jus du payot, le cactus); elle est foncièrement hallucinogène.
Elle provoque toutes sortes de rêves et de pensées où l’esprit se détache du corps. Elle est très forte et il faut être bien accroché pour le pratiquer. Beaucoup d’étrangers se font attacher avant d’en consommer. Il faut savoir qu’on ne peut la consommer telle quelle, il faut la mélanger aux feuilles de challipanga pour créer l’émulsion active (le natem). Mais par extension on a tendance à ne parler que de l’ayahuasca. Je me propose à travers une série d’article de vous présenter cette substance.

 

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