Uwishin : shamanisme et transes

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L’ayahuasca, chapitre 2

Suite de l’article 1, toujours du même auteur :
A la lumière de ces quelques phrases, on ne peut être qu’impressionné par le lien fort que les chamans tissent avec les plantes. Tout évoque l’existence d’une communication à double sens. C’est pour mieux appréhender celle-ci que je vous propose de passer en revue les différences majeures qui séparent les règnes végétal et animal :
1. Dans l’évolution, les plantes sont historiquement antérieures aux animaux. On peut parler à certains égards d’une relation mère-enfant.
2. Les plantes sont autotrophes donc autonomes, alors que les animaux dépendent des plantes pour leur survie.
3. De par leur fixité, les plantes n’ont d’autres ressources que de s’adapter au milieu où elle se trouve notamment en consacrant 90 % de leur génome à la synthèse chimique. Les animaux de par leur mobilité ont la capacité de fuir et ont développé un système nerveux central adapté à la fuite.
4. Les plantes ont une longévité bien supérieure aux animaux. Leur taux de mutagénèse est trés élevé alors que chez l’animal, une mutagénèse élevée est létale. Autre particularité du règne végétal, il existe une seule lignée cellulaire indifférencié capable de donner des cellules somatiques ou germinales à tout moment.
5. A la différence des animaux, le règne végétal possède plusieurs voies de reproduction possibles et ne se contente jamais de la voie sexuée : rejet, autogreffe, bouturage, hybridation, fécondation sèche, procréation retardée (graines)…

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

L’ayahuasca, chapitre 1

Je commencerai la présentation détaillée et l’étude par ce grand article d’un spécialiste :

Ce breuvage traditionnellement utilisé par toutes les ethnies d’Haute-Amazonie est issu de la décoction prolongée de deux plantes différentes : la liane de Banisteriopsis caapi et les feuilles de l’arbuste Psychotria viridis. Le mélange de couleur marron et fortement amer contient de nombreux alcaloïdes psychotropes qui agissent de manière synergique et dont les plus importants sont la diméthyltriptamine (DMT) et des composés de la famille des béta-carbolines tels que l’harmine et la tetrahydroharmine (THH). Les scientifiques continuent de s’interroger comment des Indiens sans écriture, ni techniques d’investigation formelle, par ailleurs immergés dans une extrême biodiversité, ont pu trouver une telle préparation, car il semble bien que l’association savante de ces deux plantes soit nécessaire, l’une potentialisant l’autre. C’est justement tout l’objet de notre exposé que de tenter de formuler des pistes de compréhension de ce qu’est l’intuition inventive des peuples premiers. A ce stade de la présentation, contentons-nous d’observer que presque tous les peuples dits primitifs ont recherché et trouvé le moyen d’extraire des composés psychotropes de leur environnement végétal. Mais revenons aux effets pharmacocliniques de ces composés.
L’harmine et la THH sont des inhibiteurs sélectifs de la mono-amine-oxydase cérébrale (IMAO) et à ce titre, de puissants antidépresseurs. Associées à la DMT, un analogue de la sérotonine inactif par voie orale, elles empêchent sa dégradation digestive et
favorisent ainsi son absorption ce qui conduit de manière conjointe à multiplier par deux, le taux de sérotonine cérébrale circulante, principal neurotransmetteur du cerveau, pendant une durée de quelques heures. L’effet clinique corollaire à cette importante hausse de
sérotonine a été fort maladroitement qualifié d’hallucinatoire. L’ayahuasca générerait des visions imaginaires sans rapport avec la réalité.
Or ce n’est pas du tout le point de vue des utilisateurs traditionnels de l’ayahuasca dont la conception de la réalité et de l’illusion est fort différente de la nôtre. Pour eux, l’ayahuasca leur ouvre des portes d’une réalité ” plus solide ” ou ” plus complète ” que celle que nous laisse entrevoir nos sens à l’ordinaire. De fait, tous les Occidentaux qui ont expérimenté ce breuvage vous diront avoir ressenti ” des
modifications de la conscience de soi et une transformation des rapports avec le monde “, sentiments fort éloignés d’une confusion mentale à l’égard des personnes, de l’espace ou du temps. C’est cette expérience vécue qui a poussé bon nombre d’auteurs à proscrire les termes ” hallucinogène “, ” délirogène ” ou même ” psychédélique ” pour leur préférer ” enthéogène ” (générateur d’un sentiment divin à l’intérieur de soi), ” adaptogène ” (favorisant l’adaptation à l’environnement) ou encore ” empathogène ” (améliorant le contact avec les autres). La bataille des mots est loin d’être innocente. Car ceux qui rejettent ces nouvelles terminologies sont précisément ceux qui se refusent à expérimenter sur eux-mêmes un tel état…
Quel est donc ce fameux état que nous venons de décrire en terme de modifications neurobiologiques ? Il est commun de l’appeler transe, mais l’on pourrait tout aussi bien parler d’état second ou même d’état modifié de conscience (EMC). Des phases d’hyperexcitation et de catalepsie extatique se succèdent dans des proportions variables d’un sujet à l’autre. Les sens se trouvent décuplés. Le cours de la pensée semble accélérée, le sujet est ” ailleurs “. Ces changements tant perceptuels qu’émotionnels conduisent la psyché à construire des significations nouvelles de la réalité. C’est là que l’on peut parler de ” visions ” comme étant le résultat d’une réinterprétation de la réalité lorsque les cadres psychiques ordinaires sont relativisés , voire même abolis. La transe vécue comme une expérience hors de soi (OBE) conduit à sentir le monde différemment, un peu comme si notre réceptivité s’en trouvait modifiée. Les chamans amérindiens en parlent avec leurs mots :

” Pour comprendre (le monde), il faut prendre la Grand-Mère Ayahuasca ”
” Elle est une plante enseignante, intelligente, maîtresse ”
“Elle travaille en moi. Tout ce que je dis vient de la plante. C’est elle qui me l’a appris ”
” Elle permet de voir le corps en transparence et de localiser le siège de la maladie ”
” Elle fait venir à moi les plantes qui conviennent à mon patient ”

 

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

L’Ayahuasca, présentation

L’ayahuasca fait parti du grand secret de l’accès à la conscience des shamans shuars, les uwishins. Cette substance est d’une certaine manière similaire à la mescaline (le jus du payot, le cactus); elle est foncièrement hallucinogène.
Elle provoque toutes sortes de rêves et de pensées où l’esprit se détache du corps. Elle est très forte et il faut être bien accroché pour le pratiquer. Beaucoup d’étrangers se font attacher avant d’en consommer. Il faut savoir qu’on ne peut la consommer telle quelle, il faut la mélanger aux feuilles de challipanga pour créer l’émulsion active (le natem). Mais par extension on a tendance à ne parler que de l’ayahuasca. Je me propose à travers une série d’article de vous présenter cette substance.

Le Clan du Papillon et de l’Oiseau Tonnerre

Comme vous le découvrirez par exemple dans mon roman Uwishin (sortie en séptembre 2009), l’organisation en clans est une constante et un fondamental de l’organisation shamanique. Je me propose donc à travers des citations, illustrations et textes et analyses personnelles de vous initier à ces clans.

Rappelez vous qu’à l’image du ZEN, la plupart des shaman reconnaissent les 5 clans majeurs (cercles chez les zen), dans l’ordre : terre, eau, feu, air, vide. Je vous en ai donné les intitulés zen car ils sont plus faciles à appréhender, mais vous verrez que suivant les familles shamaniques ils prennent des noms d’animaux ou de lieux, tout en signifiant la même chose, presqu’exactement.
Voici donc une illustration à travers une confrontation air feu que l’on retrouve dans le Roman Uwishin : Le clan du papillon et le clan de l’oiseau tonnerre.


Oiseau-Tonnerre - Papillon (feu-air)


Si l’on observe la relation du feu à l’air et celle de l’air au feu, la raison pour laquelle les membres des clans du Papillon et de l’Oiseau-Tonnerre se complètent est évidente. Les Papillons ne cessent de bouger et de se transformer. Ils vont constamment d’un projet à un autre. Quand ils rencontrent quelqu’un du clan de l’Oiseau-Tonnerre, avec son coeur ardent et sa capacité de faire d’une idée une réalité, ils sont transportés par leur énergie et sont capables d’entrevoir la réalisation de leurs pensées.


Les gens du clan de l’Oiseau-Tonnerre entretiennent une idée et ou un projet en mettant toute leur solide énergie dans ses bases, mais tant qu’un Papillon ne vient pas joindre son énergie à la leur, ils ne quittent jamais tout à fait le sol.


Les gens du clan du Papillon ont tendance à beaucoup discourir sur tout ce qu’ils pourraient faire, jusqu’à ce qu’une personne du clan de l’Oiseau-Tonnerre passe et brûle les idées erronées qu’ils ont à propos de l’endroit où doit aller leur énergie. Parfois, les Papillons auront l’air froid à cause du mouvement de l’air qui les entoure en permanence. Ils ont besoin de la chaleur d’une personne de l’Oiseau-Tonnerre pour être certain que leur mouvement apportera une croissance et non une congélation.

Les membres du clan du Papillon enseigneront à leurs amis de l’Oiseau-Tonnerre le plaisir réel que l’on peut trouver à servir les autres, leçon qui les aidera à équilibrer la partie égotique de leur nature. Ils les aideront à étendre leurs horizons, les encourageant à enlever toutes les limites inutiles qu’ils se sont données. Ils verront rapidement les points faibles des projets que leurs amis mettent en train et les empêcheront de prendre de faux départs. Si ces amis sont sur le point de se consumer entièrement, ils souffleront un peu d’air frais sur eux et ainsi les raviveront.

Les gens du clan de l’Oiseau-Tonnerre apprendront à ceux du Papillon le pouvoir d’entrer au sein d’un projet ou d’une idée au lieu de se contenter de souffler à la surface. Ils les aideront à apprendre les avantages qu’il y a à aller vers les choses directement, plutôt que d’une façon détournée. Grâce à leur intuition, ils peuvent trouver les nouveaux projets et les idées nouvelles que les gens du Papillon seraient plus heureux de poursuivre. Quand ce sera nécessaire, ils mettront en jeu leur énergie ardente afin de débarrasser leurs amis des discours vides.

Au plan émotionnel, les gens du clan du Papillon ont tendance à être chaleureux, affectueux et amicaux, quand leur énergie coule bien et une fois qu’ils vous connaissent suffisamment. Ils semblent cependant être plus à l’aise avec les émotions qui se trouvent à la surface de leur être. Pour leur part, les gens de l’Oiseau-Tonnerre ont tendance à ressentir la plupart des choses profondément, au plus profond de leur âme. Bien qu’ils ne montrent pas souvent les émotions à la surface, ils les ressentent fortement. Ensemble, les membres des clans du Papillon et de l’Oiseau-Tonnerre tendent à équilibrer leur vie émotive. Ceux du Papillon apprennent à ressentir les choses plus profondément et ceux de l’Oiseau-Tonnerre apprennent à exprimer certaines des choses qu’ils ressentent.

Les relations entre les personnes de ces deux clans seront souvent orageuses car les unes et les autres sont actives et elles ont tendance à penser qu’elles ont raison la plupart du temps. Cependant, ces relations sont précieuses car elles provoquent une croissance rapide chez les individus concernés et ceux qui les entourent. Comme les deux clans sont actifs, leurs membres ont un respect et une amitié réciproques, même lorsqu’ils traversent un violent désaccord. Quand les gens impliqués ont dépassé leur période d’ajustement, les relations entre ces deux clans seront durables, agréables et très productives.

 

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