Uwishin : shamanisme et transes

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Tribus et indigènes amérindiens en équateur

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Après la présentation de ce magnifique pays qu’est l’Equateur (Ecuador) dans le message que j’avais fait ici, je me propose maintenant de vous dire un mot sur les peuples indigènes amérindiens d’Equateur.

Dans le roman Uwishin (plus d’info ici), les peuplades observées sont exclusivement Shuars. Les Shuars font partie de la famille des amérindiens Jivaros. Les autres peuples Jivaros sont les Ashuars et les Quechuas (ou Quichuas).

Répartition en Equateur

Répartition en Equateur

Il faut savoir que l’immense majorité est composée de Quichuas habitant les Andes (la montagne), une infime minorité (la plus diversifiée cela dit) habitant de part et d’autres des Andes (côté océan pacifique ou côté forêt amazonienne). Les indiens des Andes sont pour la plupart “convertis” aux modes de vie hurbain ou péri-urbain, et les autres ont des airs d’âmes en peines faisant penser aux indiens décrits par Rousseau habillés de guenilles usées des villes et buvant de l’alcool bon marché à longueur de journée. L’adaptation du modèle fonctionne mal pour ceux qui se font manger par l’urbanisation et la civilisation. Sans rêves, leur histoire perdu, il ne leur reste que les mauvaises distilleries pour leur procurer du rêve.
Il reste cela dit près de cent mille âmes encore pleine de beauté de vie et de traditions. Perdues dans l’amazonie ou seuls quelques explorateurs et “écotouristes” (faisant cela dit souvent beaucoup de mal alors qu’ils se proclament humanistes, mais comment leur en vouloir, quelle est la réponse?) pour s’approcher d’eux. S’ils ont a priori complètement oublié certains rites comme les Tsantza (têtes réduite cf article correspondants), ils vivent toujours dans et de la nature, pratique leur chamanisme tranquillement, leur cueillette, chasse et agriculture sommaire. Leurs pratiques sont ancestrales, sans rentrer dans les détails elles sont relativement similaires à celles qui se retrouvent il y a plus de 10 000 ans, et ceci aussi bien en Afrique, qu’en Europe, qu’en Mongolie (d’où vient le terme shaman).
Bien sur avec des différences notoire (le fameux ayahuasca pour entrer en transe) avec les peuplades d’autres régions, mais aussi avec des différences sociales et de rites entre groupes proches (Shuars et Ashuars par exemple).


Ils nous offrent un immense témoignage de structures sociales stables à petites échelle, vivant en symbiose avec la nature (chose basique mais que nous “hommes civilisés” avons oublié puisque nous “pompons” la nature de manière non durables, et cherchons souvent avant tout propriété possession et autorité au sein de la société.


Shakaim dans le roman Uwishin est un Shuar, né et élevé dans une tribu Shuar. Du haut de sa simplicité d’habitant de tribu il sera jeté dans ce que nous pourrions appeler le “vrai monde”. Hors le “vrai monde”, lui l’a vu au sein de voyage shamanique, enfin ce qui pour lui, est le vrai monde.


Petit guide des Yagé, natem, chalipanga, ayahuasca chacruna et chaliponga

J’ai fait relire par des personnes connaissant bien et pratiquant les rituels chamaniques mon livre afin d’en valider les démarches exposées. Je tiens ici à apporter quelques précision sur les constituants du natem (ou yagé), substances absorbée par les chamans de mon roman afin d’avoir des visions et de communiquer avec les esprits.


Il faut deux ingrédients : du chalipanga (ou chaliponga), et la très connue lianna AYAHUASCA. On parle souvent de l’ayahuasca en tant que source des visions, et on me demande régulièrement où trouver de l’ayahuasca en Europe (si si je vous assure :)
Il faut savoir que même si l’ayahuasca est considéré comme un stupéfiant en EUrope (au Canada ou dans d’autres pays il est toléré dans le cadre de pratiques rituelles), est absolument sans effet seul. Machonnez une lianne vous verrez (bon courage quand même c’est fibreux).

Préparation d'ayahuasca

Préparation d'ayahuasca


C’est le fait de mélanger et de faire bouillier ensemble l’ayahuasca avec les feuilles de chalipanga ou de chacruna qui amène au résultat hallucinogène (le seul équivalent est le payot avec sa mescaline).
Là on arrive sur le deuxième point : certains parlent de chacruna, d’autres de challiponga. Il faut savoir que les deux arbustes font des feuilles qui fonctionnent pour faire le mélange, donc on peut préparer le natem (ou yage) avec l’un ou l’autre.
Simplement le chaliponga est beaucoup plus fort, donc il faut avoir l’esprit ncore mieux accrocher pour tolérer ses visions. A savoir que les centres chamanique qui font découvrir ces expériences aux étrangers préparent le natem à base de chacruna moins forte, pour éviter de gros bad trip (c’est déjà extrêmement fort!!)
Donc qu’on parle de l’un ou de l’autre tout le monde à raison, ça marche avec les deux (pour fermer des débats que j’ai eu avec des personnes ne connaissant que l’un ou l’autre).


Je fais ici une parenthèse sur la perception des chamans eux-mêmes. COmment les chamans ont pu découvrir que mélanger ces plantes faisait cet effet ? (c’est totalement improbable de mélanger justement cette liane avec ces feuilles rares!), et ceci dans plusieurs coins de la forêt amazonienne.
La réponse qui m’a été apportée est la même que pour les plantes donc ils se servent de manière médicale (ils ont un arsenal de remède )à chaque mal, à chaque fois avec une ou plusieurs plantes mélangées :
ils repondent : la plante ou les esprits nous disent à quoi elle servent, nous n’essayons pas, nous savons à l’avance.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, il est connu que les plantes un peu comme le règne animal avec les phéromones, peuvent communiquer… de là à comprendre comme cela est possible il y a encore un gouffre, je l’admets. Mais je ne cherche pas trop à comprendre :)
Je reprends …


Normalement la plante se cultive par les shamanes pour l´usage en ayahuasca, le mélange consiste d´une combinaison d´un inhibiteur-MAO et une plante contenant le DMT. Diplopterys cabrerana le produit dans ses feuilles, et la concentration est forte. Chaliponga contient 5 à 10 fois plus d´alkaloïdes que la chacruna (Psychotria viridis). Quelques tribus, comme la Harakmbet ou les shuars, sont d´avis que on passe un ´examen final´ avec de l´ ayahuasca fait de la chaliponga, après quatre ou cinq trips (voyages) avec de l´ayahuasca et de la chacruna mixé et bouillies dans de l’haut pendant plusieurs heures. Lé décoction ainsi obtenue est appelée yagé ou natem.
Le natem ouvre les portes du vraie monde. On pourrait dire que l’ayahuasca est la paire de lunette qui permet de voir ce que provoque le challipanga (ou chaliponga, ou chalipanga) ou la chacruna (équivalent moins fort)


Uwishin : le roman, sortie en septembre 2009 !

Bon, ce n’est plus un secret pour personne, le roman UWISHIN - Conte shamanique pour stars sous Prozac, sortira en septembre 2009 aux éditions du Masque d’Or, collection Trekking.

Uwishin le roman

Uwishin le roman

C’est un super achèvement pour ce roman qui aura nécessité plusieurs années de recherche et de travail.


Le teazer :


Il y en a qui ont le blues, Shakaim lui a le rock.
Si certains se shootaient au Prozac, avec Shakaim ils entrent en transe et se libèrent. Dans sa tribu, ses chants, danses et incantations amènent joie et guérisons autour de lui. L’auditoire grandit brutalement pour ce shaman inhabituel. Chance de transmettre ses visions, de guérir le monde, ou fin de son voyage ?



Pour ceux qui voudront le recevoir dès sa sortie, vous pouvez le commander ici :
http://www.uwishin.net/shamanpic/BDC-Uwishin.pdf


Dans tous les cas n’hésitez pas à me poser des questions soit en répondant à un post, soit par la page CONTACT

Conférence de Jeremy Narby : Plantes et chamanisme chez les indigènes mazoniens

Conférence de Jeremy Narby : Plantes et chamanisme

Jeremy Narby est un anthropologue et auteur du “Serpent cosmique”.
Il est particulièrement actif dans la partie Péruvienne de l’amazonie.
Il parle des passerelles qui existent entre la science et les savoirs des peuples indigènes.

Réflexions et constations sur les plantes et les shamanisme et les savoirs des peuples indigènes.

Commentaires sur la situation et l’environnement des peuples indigènes amazoniens par un directeur de projet amazonie.
Ce chercheur ou antropologue a travaillé principalement en amazonie péruvienne (forêt pluviale).

SVP faites attention au début de la conférence à ce qu’il dit sur la polution actuelle en Amazonie :
les compagnies pétrolières aujourd’hui font des dégats absolument incroyables, il en parle mieux que je ne pourrai jamais le faire.

L’ayahuasca, chapitre 1

Je commencerai la présentation détaillée et l’étude par ce grand article d’un spécialiste :

Ce breuvage traditionnellement utilisé par toutes les ethnies d’Haute-Amazonie est issu de la décoction prolongée de deux plantes différentes : la liane de Banisteriopsis caapi et les feuilles de l’arbuste Psychotria viridis. Le mélange de couleur marron et fortement amer contient de nombreux alcaloïdes psychotropes qui agissent de manière synergique et dont les plus importants sont la diméthyltriptamine (DMT) et des composés de la famille des béta-carbolines tels que l’harmine et la tetrahydroharmine (THH). Les scientifiques continuent de s’interroger comment des Indiens sans écriture, ni techniques d’investigation formelle, par ailleurs immergés dans une extrême biodiversité, ont pu trouver une telle préparation, car il semble bien que l’association savante de ces deux plantes soit nécessaire, l’une potentialisant l’autre. C’est justement tout l’objet de notre exposé que de tenter de formuler des pistes de compréhension de ce qu’est l’intuition inventive des peuples premiers. A ce stade de la présentation, contentons-nous d’observer que presque tous les peuples dits primitifs ont recherché et trouvé le moyen d’extraire des composés psychotropes de leur environnement végétal. Mais revenons aux effets pharmacocliniques de ces composés.
L’harmine et la THH sont des inhibiteurs sélectifs de la mono-amine-oxydase cérébrale (IMAO) et à ce titre, de puissants antidépresseurs. Associées à la DMT, un analogue de la sérotonine inactif par voie orale, elles empêchent sa dégradation digestive et
favorisent ainsi son absorption ce qui conduit de manière conjointe à multiplier par deux, le taux de sérotonine cérébrale circulante, principal neurotransmetteur du cerveau, pendant une durée de quelques heures. L’effet clinique corollaire à cette importante hausse de
sérotonine a été fort maladroitement qualifié d’hallucinatoire. L’ayahuasca générerait des visions imaginaires sans rapport avec la réalité.
Or ce n’est pas du tout le point de vue des utilisateurs traditionnels de l’ayahuasca dont la conception de la réalité et de l’illusion est fort différente de la nôtre. Pour eux, l’ayahuasca leur ouvre des portes d’une réalité ” plus solide ” ou ” plus complète ” que celle que nous laisse entrevoir nos sens à l’ordinaire. De fait, tous les Occidentaux qui ont expérimenté ce breuvage vous diront avoir ressenti ” des
modifications de la conscience de soi et une transformation des rapports avec le monde “, sentiments fort éloignés d’une confusion mentale à l’égard des personnes, de l’espace ou du temps. C’est cette expérience vécue qui a poussé bon nombre d’auteurs à proscrire les termes ” hallucinogène “, ” délirogène ” ou même ” psychédélique ” pour leur préférer ” enthéogène ” (générateur d’un sentiment divin à l’intérieur de soi), ” adaptogène ” (favorisant l’adaptation à l’environnement) ou encore ” empathogène ” (améliorant le contact avec les autres). La bataille des mots est loin d’être innocente. Car ceux qui rejettent ces nouvelles terminologies sont précisément ceux qui se refusent à expérimenter sur eux-mêmes un tel état…
Quel est donc ce fameux état que nous venons de décrire en terme de modifications neurobiologiques ? Il est commun de l’appeler transe, mais l’on pourrait tout aussi bien parler d’état second ou même d’état modifié de conscience (EMC). Des phases d’hyperexcitation et de catalepsie extatique se succèdent dans des proportions variables d’un sujet à l’autre. Les sens se trouvent décuplés. Le cours de la pensée semble accélérée, le sujet est ” ailleurs “. Ces changements tant perceptuels qu’émotionnels conduisent la psyché à construire des significations nouvelles de la réalité. C’est là que l’on peut parler de ” visions ” comme étant le résultat d’une réinterprétation de la réalité lorsque les cadres psychiques ordinaires sont relativisés , voire même abolis. La transe vécue comme une expérience hors de soi (OBE) conduit à sentir le monde différemment, un peu comme si notre réceptivité s’en trouvait modifiée. Les chamans amérindiens en parlent avec leurs mots :

” Pour comprendre (le monde), il faut prendre la Grand-Mère Ayahuasca ”
” Elle est une plante enseignante, intelligente, maîtresse ”
“Elle travaille en moi. Tout ce que je dis vient de la plante. C’est elle qui me l’a appris ”
” Elle permet de voir le corps en transparence et de localiser le siège de la maladie ”
” Elle fait venir à moi les plantes qui conviennent à mon patient ”

 

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

 

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