Uwishin : shamanisme et transes

Infos sur les chamans shuars et les transes

trips et transes chamaniques

Les shamans shuars, ashuars, quechua, mongols

  • Flux (RSS)

Archive for the ‘spiritualité’ Category

Sectes et chamanisme chez les Miviludes

Sectes et chamanisme : un texte excellent de Sylvie Simon qui commente l’actualisté française.



« Tout ce qui est naturel peut cacher des dérives sectaires » a déclaré Georges Fenech, président de la Miviludes (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires). Il vient de déposer son rapport annuel destiné à François Fillon : « Je lance un appel à tout le personnel médical, à tout le système de soins français, à tous les conseils de l’Ordre des médecins, il faut être extrêmement vigilant. Il faut que les peines prononcées pour exercice illégal de la médecine soient plus dissuasives. »

Dans son rapport de plus de 300 pages — il faut bien justifier l’argent que lui octroie l’État —, il en consacre plus de 60 au chamanisme et aux plantes utilisées par les chamans, et publie le témoignage, évidemment anonyme, d’une femme ayant été séduite par un homme qui pratiquait le rituel « bwiti » et consommait de l’igoba, plante psychotrope largement utilisé au Gabon. On se demande quel peut être le rapport entre ce cas d’une pauvre femme séduite par un drogué comme il en existe malheureusement beaucoup et les « dérives sectaires » qui menacent la France.



Dans le chapitre intitulé « hors les murs », Miviludes raconte ses promenades hors des frontières hexagonales pour se répandre dans quelques pays européens, Autriche, Pologne, Suisse, puis en Russie, dans l’intention de leur donner des conseils. Seuls 3 pays européens sur 57 : Belgique, Autriche et Slovaquie, semblent avoir, et dans des proportions bien moindres, une politique similaire à celle de la France en matière de « dérives sectaires ». En Grande-Bretagne et en Suisse, il existe des instituts indépendants dont la mission est de collecter des informations sur les sectes à partir de rapports politiques ou de travaux universitaires qui ne sont que des banques de données, mais qui n’émettent aucun jugement de valeur, et donnent aux groupes en question la possibilité de donner leur point de vue, alors que Monsieur Fenech estime que l’on ne discute pas avec ces gens.



La Miviludes consacre un chapitre à la nutrition, aux régimes et compléments alimentaires, elle fustige les thérapeutiques non conventionnelles, la psychologie alternative, tout mode de vie non conventionnel « dans lesquels les groupes sectaires se sont engouffrés » et propose de lutter contre les infractions au titre de l’exercice illégal de la médecine ou de la pharmacie. « Nous sommes là face à un phénomène, si on n’y prend pas garde, qui peut faire beaucoup de victimes ». D’après ces affirmations 500 000 personnes seraient concernées directement, et parmi eux une grande partie d’enfants. La dérive sectaire « ne régresse pas, elle se développe incontestablement » et, selon Georges Fenech, il existerait 600 mouvements ou pratiques qui présentent des risques, alors qu’en 1995, la mission d’enquête parlementaire en avait dénoncé 172. Il est certain que si ces 172 groupes avaient été l’objet de condamnations civiles ou pénales, cela aurait été un argument majeur avancé par la Miviludes. Comme cet argument n’a pas été utilisé, on peut en déduire que l’immense majorité de ces 176 groupes n’a jamais été condamnée ni civilement, ni pénalement. Depuis longtemps Monsieur Fenech annonce que 80 000 enfants seraient en danger dans les sectes en France, mais il n’a pu trouver que huit cas seulement qualifiés de suspects au cours de sa carrière de dénonciateur. Ces chiffres alarmistes, totalement fantaisistes, sont mis en avant pour susciter la peur et la suspicion de l’opinion publique, sur lequel est basé son fonds de commerce. « Nous allons établir des dossiers dans lesquels nous rassemblerons tous les signalements que nous recevons », et ces dossiers seront « consultables à la Miviludes par les autorités publiques et les associations ».



En avant-première de ce rapport Georges Fenech a expliqué dans une interview au journal en ligne Backchich.info du mercredi 29 avril 2009 : « Par exemple, cette année l’axe fort sera la liberté d’enseignement. La priorité sera donnée à l’Éducation. Les enfants n’ont pas à être sous la coupe réglée des parents. L’enfant n’est pas leur propriété. » Seraient-ils devenus la propriété de l’État ? La Miviludes s’emploie à jeter l’anathème sur les parents qui veulent élever leurs enfants à la maison, dans un contexte plus sécurisé que dans bien des écoles où règne la violence. Ces parents, stigmatisés comme des criminels, se trouvent désemparés dans le climat permanent de répression qui aboutit souvent à des descentes de gendarmes utilisés alors comme une « police de la pensée. » Monsieur Fenech se sent d’autant plus important que son association a été invitée à faire partie d’un groupe d’évaluation des pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique par le Pr Didier Houssin, directeur général de la Santé. On peut se demander ce que vient faire dans un secteur qu’il est incapable d’évaluer un représentant de la Miviludes, composée d’individus autoproclamés spécialistes de sectes et qui dénoncent tout ce qui, à leurs yeux, représente un danger pour notre société et nos enfants, comme l’enseignement à domicile, les thérapies alternatives, et surtout les refus de vaccination. N’oublions pas qu’en contradiction formelle avec la loi antiraciste en vigueur en France, la Miviludes est à l’origine de 900 procédures qui ont donné lieu à 8 actions en justice qui, pour finir, n’ont abouti qu’à une seule condamnation, une amende de 5 000 francs. On peut ainsi constater encore une fois le gaspillage de l’argent que le gouvernement lui octroie. Il faut savoir que l’existence même de cette mission a été remise en question par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur dans un article paru dans Le Parisien. D’après elle, il faut « assurer la liberté de croyances de tous », et « ce n’est pas à la Miviludes de définir une politique ni de mener des actions de répression ».



De leur côté, les chercheurs en sciences sociales, dont nombre de juristes, ayant étudié sérieusement la question des sectes, sont quasi unanimes sur l’absence de fléau social et l’absence de démarche de connaissance des pouvoirs publics sur ces questions. Si ces mouvements ne troublent pas l’ordre public, il n’y a pas de raison de les interdire par respect pour la liberté de conscience. Ces experts sont généralement exclus du champ d’action d’organismes comme la Miviludes qui ne proposent pas de réflexion, mais seulement des outils de répression. Ainsi, l’historienne Anne Morelli, directrice adjointe du centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité à l’université libre de Bruxelles, a déclaré au CICNS (Centre d’information et de conseil des Nouvelles spiritualités) que : « Les associations anti-sectes, que j’ai appelé « la secte des adversaires de sectes », m’inquiètent beaucoup, que ce soit en Belgique ou en France. Ce sont des gens qui sont braqués sur un problème et essayent de dénicher partout leurs ennemis. Alors je pense que c’est assez inquiétant qu’ils soient subventionnés pour faire la chasse aux sectes. » Nathalie Luca, sociologue au Centre d’études interdisciplinaires sur les faits religieux (CNRS-EHESS), a été membre de la Miviludes jusqu’en novembre 2005, mais elle a démissionné au motif qu’elle refusait d’être liée à un prévisible durcissement de la position de cet organisme. L’ethnologue Maurice Duval pense que la chasse aux sectes est assez typiquement française, et que les délits sont insignifiants en nombre et en qualité. Il explique que la lutte contre les sectes est un ingrédient politique de premier ordre dans la mesure où, quand il y a une peur collective, on peut manipuler les masses d’une manière sans égale.



Quant à Raphaël Liogier, sociologue, Directeur de l’Observatoire du religieux d’Aix-en-Provence, Professeur des universités à l’Institut d’études politiques, il déclare que : « En France, la politique anti-sectes est une politique que l’on trouve essentiellement au Ministère de l’Intérieur. C’est-à-dire que c’est une politique policière », et précise : « quand c’est dépendant du Ministère de la Justice, on n’a pas encore “jugé ”. Alors que policier veut dire qu’on a déjà jugé que c’était dangereux a priori ». Alors qu’en 2008 le satanisme était l’un des dangers à conjurer, dans le rapport de 2009 c’est le chamanisme « déferlant » et le « nutritionnisme » qui sont dans le collimateur, largement repris par les médias qui se gardent bien de dire que les partis politiques, les publicités, les sociétés de crédit et les religions de tous bords sont des spécialistes de la manipulation mentale. Dans un article publié le 13 février 2009, Le Parisien annonçait l’intention de Georges Fenech de publier une nouvelle liste noire de sectes, sur le modèle de celle que la commission d’enquête parlementaire de 1995 avait établie et qui n’avait pas manqué de placer la France, au sein des instances internationales, comme une pourfendeuse de la liberté de conscience. Dans un courrier adressé à François Fillon, Michèle Alliot-Marie avait fait part, de son « étonnement » face à ces intentions de la Miviludes, « sans concertation interministérielle préalable » et dénonçait l’atteinte à la liberté de conscience, le retour en arrière, et la fragilisation de la France sur la scène européenne et internationale. Voyant qu’il allait sans doute trop loin, Georges Fenech a remplacé l’expression « liste de sectes » par « référentiel des mouvances et des pratiques témoignant de dérives sectaires ». Il a changé les mots, mais les intentions sont les mêmes.



Quinze ans plus tôt, un groupe parlementaire étudiant ce phénomène avait publié à partir d’informations des Renseignements généraux une liste d’environ 200 noms, vivement critiquée par les organisations citées qui s’estimaient stigmatisées. Dix ans après, Jean-Pierre Raffarin avait demandé quelques jours avant son départ de Matignon « le retrait de cette liste noire ». Mais le changement de langage de la Miviludes ne trompe personne et cette pratique regrettable du fichage ressemble à s’y méprendre à l’ordonnance du 28 février 1933 publiée par le gouvernement du Troisième Reich dont Hitler était le chancelier, et qui établissait une liste de sectes interdites au nom de « la protection du peuple et de l’État ». Cette ordonnance visait à protéger non seulement la santé physique du peuple allemand mais aussi sa santé spirituelle. Le Cicns a fortement réagi, à juste titre : « Est-ce possible qu’à la tête d’une commission nationale de rapport sur les sectes se trouve quelqu’un qui n’a fait personnellement aucune recherche (sinon quelques démarches minables) et qui est étonné par exemple des résultats d’une enquête menée par les juges du pays sur le soi-disant embrigadement et dévoiement des milliers d’enfants dans des sectes (en fait, cette enquête montre qu’il n’y a pas des milliers de cas ! Mais qu’au bout de deux ans de recherches, seulement huit cas qualifiés de suspects et incertains ont été trouvés) ! »



Parmi les victimes de la police nazie, on pouvait compter, parmi bien d’autres, les Témoins de Jéhovah, les théosophes, les mouvements gnostiques, ou les anthroposophes qui ne faisaient pas partie de la liste des sectes de la Miviludes en 1995, mais qui y figuraient en 1999. À quand les camps de concentration pour ces « déviants », ainsi que pour tous ceux qui osent penser différemment et ne font pas partie de la société stérilisée que nous avons constituée ? Quant à ce qui concerne la santé publique, le député et magistrat Georges Fenech, président de cette secte « anti-sectaire » et victime d’une véritable psychose, est peu qualifié pour la juger. Certains praticiens, très compétents mais qui déplaisent au pouvoir, risquent-ils de figurer sur une « liste noire », comme c’est arrivé aux États-Unis pour des cinéastes qui osaient critiquer l’intervention américaine au Vietnam et qui ont vu leurs carrières brisées et leurs familles ruinées, par un malade mental dangereux, mais qui a sévi pendant des années dans un pays qui se disait, lui aussi, défenseurs des libertés ? Monsieur Fenech va-t-il jouer le même rôle que le sénateur Joseph McCarthy, de sinistre mémoire, qui voyait des communistes partout comme lui voit des sectes partout ?



Tout cela pourrait prêter à rire si ces mouvements totalitaires — qui utilisent souvent des pratiques coercitives et violentes, comparables à celles des sectes qu’ils dénoncent — n’étaient pas encouragés par notre République, réputée laïque, qui leur distribue, depuis plusieurs années, des subsides de plusieurs centaines de milliers d’euros par an. À ce sujet, la cour des comptes s’est intéressée aux conditions d’emploi du parc des véhicules banalisés mais de grand luxe des services centraux de la direction générale de la police nationale, qui coûte au contribuable 2,5 millions d’euros par an et qui est mis en permanence à la disposition de personnes n’exerçant aucune fonction au ministère. Parmi les personnes bénéficiant de ce privilège, on découvre avec surprise le président de la Miviludes. Cette dépense aux frais des contribuables s’ajoute aux nombreuses subventions qui lui sont généreusement attribuées. Il faut aussi savoir que Georges Fenech, ancien partisan de la peine de mort, adepte de la « tolérance zéro », est bien plus tolérant pour lui-même que pour les autres. Il a été reconnu coupable d’« injures publiques raciales », mais sans condamnation (en France les politiques sont parfois coupables mais jamais condamnables). Cependant, sa conduite l’a obligé à prononcer la dissolution de l’Association Professionnelle des Magistrats qu’il présidait et, en décembre 1998, il a dû renoncer à sa nomination au poste de premier juge d’instruction à Paris pour lequel il était pressenti. Le Conseil Constitutionnel l’a déclaré « inéligible pour une durée d’un an à compter du 27 mars 2008 » et « démissionnaire d’office » car, contrairement à ses affirmations comme l’a souligné le jugement, il a fait régler par des tiers des dépenses de campagne en violation de la loi sur le financement de la vie publique.



En juillet 2001, Georges Fenech a été mis en examen pour recel d’abus de biens sociaux, car son Association Professionnelle des Magistrats a reçu en 1997 un chèque d’une banque suisse pour la somme de 100 000 francs payée par la société Brenco, dirigée par le marchand d’armes Pierre Falcone, impliqué dans une vente illicite d’armes vers l’Angola qui est en ce moment sur la sellette. Georges Fenech s’est défendu en affirmant que ce versement, qui a permis à sa revue de survivre, correspond à 25 abonnements de soutien pour deux ans. Il prétend également avoir ignoré que la société Brenco vendait des armes, alors que le Général Mouton, qui lui avait présenté Falcone à sa demande, a déclaré au tribunal que Fenech était parfaitement au courant de la qualité de trafiquant d’armes de Falcone. « Je n’ai jamais entendu parler de commerce d’armes. Et si j’en avais entendu parler, je ne crois pas que cela aurait pu me dissuader car je n’ai rien contre l’armement français. » Qui peut croire qu’un ancien juge d’instruction, dont le métier est d’enquêter sur la vie des prévenus, ne manifeste aucune curiosité sur la provenance d’un chèque qui finance au moins la moitié de sa revue. « Il ne s’agissait pas de n’importe quelle association, mais d’une association de magistrats de l’ordre judiciaire ! » comme l’a rappelé le procureur, en soulignant que Mr Fenech aurait dû faire preuve d’une « vigilance accrue », puisqu’il présidait un syndicat de magistrats et aurait dû connaître le caractère illicite du versement.



La décision du Conseil constitutionnel n’était susceptible d’aucun recours, mais le 28 août 2008, Georges Fenech était réintégré dans la magistrature et nommé premier substitut auprès de l’administration centrale du ministère de la justice. Il a été mis à la disposition des services du Premier ministre François Fillon, qui lui a alors confié une mission d’évaluation des dispositifs judiciaires de lutte contre les sectes et l’a nommé président de la Miviludes par décret du Premier ministre. Il faut aussi préciser que c’est Georges Fenech qui, le 9 octobre 1992, a rendu un non-lieu dans l’affaire de l’assassinat du juge Renaud qui, ainsi, ne sera jamais résolue. L’affaire est aujourd’hui prescrite. Et c’est cet individu qui est chargé par notre Premier ministre François Fillion de juger la culpabilité des « sectes » ! Jean-Pierre Dubois, Professeur de droit public à Paris XI et président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) française depuis le 5 juin 2005 l’explique ainsi : « L’objectif véritable en France n’est pas la sécurité, c’est d’habituer le citoyen à être surveillé. » Et il précise : « Je n’ai aucune idée de la définition d’une secte qui ne soit pas pour le moins périlleuse parce que ce terme a été employé de manière très diverse dans l’histoire, il est encore employé avec toute une série de connotations diverses selon les personnes qui l’emploient. Je crois surtout qu’un État laïque n’est pas légitime à distinguer juridiquement entre les sectes, les Églises ou plus généralement les communautés religieuses. Enfin, la notion de comportement sectaire peut parfaitement s’appliquer à autre chose qu’à des communautés religieuses, par exemple, à des partis politiques ou à d’autres types d’associations. » 
 Il nous reste à espérer que l’incompétence du sieur Fenech, qui ne semble pas troubler le gouvernement Fillon, mènera bientôt à la dissolution de la Miviludes, évoquée à plusieurs reprises par certains acteurs du gouvernement.


Sylvie Simon

Quête chamanique dans les forêts vaudoises

Du citadin en mal de nature aux adeptes de développement personnel, le néo-chamanisme attire toujours plus.

© CHRISTOPHE CHAMMARTIN

© CHRISTOPHE CHAMMARTIN


Voyage chamanique dans les forêts du Jura vaudois où une trentaine de citadins participaient il y a quelques jours à un séminaire intensif à la rencontre de l’invisible, du monde spirituel et de la force de l’Univers.



Ces derniers jours, dans les forêts du Marchairuz, les promeneurs en quête de morilles se seront peut-être cassé le nez sur un groupe d’individus assez improbables. Pas de bâtons de nordic walking, ni de podomètres, encore moins de paniers à champignons. Et dans leur feu, zéro cervelas. Ils tapent sur des tambours pour se mettre en état de rêve éveillé, dansent et chantent. Une bande d’hurluberlus? Juste une trentaine de citadins candidats au voyage chamanique. De tous âges et horizons, ils apprennent à communiquer avec les sapins, à parler avec les pierres, à devenir une fleur, réunis autour d’Ulla Straessle dans le cadre d’un séminaire intensif à la rencontre de l’invisible, du monde spirituel, de la force de l’Univers.


Au même moment, dans les bois de Ballens, d’autres urbains en mal de nature se purifient le corps et l’âme dans une hutte de sudation construite de leurs propres mains. Mercredi, nuit de pleine lune, un cercle de tambours chamaniques était organisé à Yens. Ces stages et initiations n’ont plus rien d’exceptionnel dans nos forêts. Des centaines de Romands – peut-être votre collègue de bureau, votre coiffeur ou, qui sait, votre psy – se ressourcent en s’adonnant aux danses de vision et autres pratiques néo-chamaniques, à côté d’une vie professionnelle des plus classiques.


Loin des écrans de télé ou d’ordinateur

Que cherchent-ils? Et surtout, qu’ont-ils trouvé? Des remèdes archaïques à des maux modernes, comme le stress ou le mal-être, de la spiritualité hors des carcans religieux. Mais aussi des choses très simples et très belles, affirment-ils. Ne serait-ce que l’ouverture aux autres, sans jugement, loin des écrans de télé ou d’ordinateur. «J’ai toujours eu ce lien avec la nature et toujours souffert de ne pas pouvoir le vivre assez intensément, raconte Isabelle Perret-Gentil, enseignante et praticienne chamanique. Se réapproprier ce lien en compagnie d’autres personnes, vivre ça ensemble, c’est une expérience collective très forte.»


Mona Cserveny, psychiatre, travaille depuis 2001 avec des patients migrants: «Certains, venus d’Afrique ou d’Amérique du Sud, ont encore des racines chamaniques extrêmement présentes.» C’est par intérêt pour leur culture, pour mieux les soigner, que cette jeune médecin, notamment inspirée par les travaux de l’ethnopsychiatre Tobie Nathan, a sonné à la porte de la praticienne chamanique Ulla Straessle, il y a un an et demi: «Je suis entrée assez prudemment, je voulais la tester en consultation avant de m’inscrire à un stage.» Très vite, elle participe à des séminaires: «Le fait d’avoir vécu des expériences chamaniques de l’intérieur m’apporte une meilleure connaissance de mes patients. Sur le plan personnel, cela m’a donné accès à certaines ressources. Je poursuis l’expérience.»

Récupérer des morceaux d’âme

Gary Gedall, psychologue-psychothérapeute, pratique l’hypnose ericksonnienne: «Le chamanisme m’inspire, mais je ne l’utilise pas avec mes patients. Ce qui m’a le plus touché dans ces stages, c’est cette vision du monde où certaines maladies ou souffrances peuvent être attribuées à des pertes de morceaux d’âme que l’on peut récupérer à travers le voyage chamanique.»

Un voyage en quête de morceaux d’âme? Des alliés dans d’autres mondes? «Disons que le but est d’éveiller chez chacun des capacités perdues, de s’ouvrir au changement et de se relier avec des forces qui aident. Peu importe quel nom on leur donne», sourit Ulla Straessle. Chamane postmoderne, cette ancienne responsable du département informatique de Serono a suivi la formation de la FSS (Foundation for Shamanic Studies), une organisation à but non lucratif, fondée par l’anthropologue Michael Harner pour préserver les traditions chamaniques et les rendre utilisables par les occidentaux. «Toute l’énergie que nos ancêtres devaient mobiliser pour survivre dans la nature en interprétant ses moindres signaux, nous ne pouvons plus la dépenser, explique Ulla Straessle. Nous sommes devenus des machines à émotions, nous sommes envahis par nos pensées.»


par JOËLLE FABRE

L’Institut français de Fès présentera Le Festival Européen de la Spiritualité les 20 et 21novembre au complexe Culturel Al Houria

CINEMA : Un Festival européen de la spiritualité à Fès

Fondé à Paris en 2008, le Festival Européen de la Spiritualité présente des films qui explorent les traditions spirituelles du monde entier et leurs diverses pratiques. Il vise, au sens large, tout ce qui touche à la vie de l’esprit. Son autre objectif est d’encourager l’émergence d’une nouvelle génération de réalisateurs dont les films traitent des différents aspects de la spiritualité et de l’expérience humaine.
L’originalité de ce festival réside dans le fait qu’aux côtés d’un jury, les internautes ont accès aux films sur Internet et peuvent participer au palmarès avec le Prix du Public.
Le Festival Européen de la Spiritualité a tenu à Paris sa 2ème édition en mars 2009. Ce sont les six films primés de cette 2ème édition qui seront présentés à Fès, ville hautement spirituelle et qui accueille chaque année, le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde et des rendez-vous du Soufisme international.


Films

*AMAZON FOREVER (Amazone pour toujours)
Brésil, France (2006) 90’
Fiction

Réalisation et scénario : Jean Pierre Dutilleux
Interprètes : Aurélien Wiik, Chief Ayupu , José Steimberg
Production : Elisabeth Wassmer , François Enginger
Nicolas, jeune cinéaste européen, atterrit dans un village amazonien, pour y tourner un documentaire sur une cérémonie tribale. Il tombe amoureux de la fille du Chef Ayupu.
Pour se rapprocher d’elle, Nicolas s’implique dans leur quotidien. Après avoir été initié aux coutumes locales, il est sensibilisé à la menace qui pèse sur ses nouveaux amis et la femme qu’il aime: la déforestation.
Cette aventure amazonienne donnera à Nicolas le sens de sa vie: combattre l’ignorance et l’insouciance.
Prix Planète


*BINT AL NOKHITA (La Fille du Capitaine)
Émirats Arabes-Unis (2008) 17’
Fiction
Réalisation : Khalid Al-Mahmood
Interprètes : Adel Al-Madrab, Ashwaq, Abdulla Saleh, Abdelrahman Al Zarouni
Production : Abdullah Hassan Ahmed
Mohamed a atteint l’âge où il doit grandir et dire au revoir à sa grand-mère.

Prix du meilleur court- métrage spirituel


*BOUDHA’S LOST CHILDREN (Les Enfants perdus de Boudha)

Pays-Bas, Thaïlande, France (2006) 97’
Documentaire

Réalisation et scenario : Mark Verkerk
Interprètes Adel Al-Madrab - Ashwaq - Abdulla Saleh - Abdelrahman Al Zarouni
Au coeur du Triangle d’or, un bonze charismatique initie de petits villageois à la boxe thaïe
et à l’amour du Bouddha. Entre film d’aventures et ode contemplative à la beauté du monde.
Prix du meilleur film spirituel européen
Prix du meilleur documentaire spirituel

*FERTILIZE
Belgique (2008) 8’ Fiction

Réalisation, scenario, montage et production : Senne Dehandschutter
Interprètes : Carmen Lauwers
Une jolie fille dans un univers imaginaire et futuriste affronte des milliers de guerriers. Seulement un est destiné à la rencontrer.
Prix du Public


*LE SEL DE LA TERRE (O Sal da Terra)

Brésil (2008) 90’ Fiction

Réalisation : Eloi Pires Ferreira
Interprètes : Luthero Almeida, Edson Rocha, Enéas Lour, Christiane Macedo, Emílio De Mello
Production : J. Olímpio
La vie d’un prêtre dans son «camion-église» qui de station service en station service où il célèbre la messe, va rencontrer sur sa route des personnages pittoresques.
Prix du meilleur film spirituel de fiction


*SIMULACRA
Thaïlande, États-Unis (2007) 4’ Animation

Réalisation, scénario, image, montage et production : Tatchapon Lertwirojkul
Son et musique : Naoto Kubo

Un robot découvre que sur sa planète la vie organique existe et décide de s’en emparer.
Prix du meilleur film spirituel d’animation


BINT AL NOKHITA (La Fille du Capitaine)

Émirats Arabes Unis (2008) 17’ Fiction
Prix du meilleur court-métrage spirituel
O SAL DA TERRA (Le Sel de la trre)
Brésil (2008) 90’ Fiction
Prix du meilleur film spirituel de fiction


Le Festival sera clôturé par une soirée Samaa avec l’Ensemble Al Anfass, Chant soufie, Tarika Tijania à Dar Batha

 

juillet 2010
L Ma Me J V S D
« mai    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031