Uwishin : shamanisme et transes

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Erratum visuel à propos du chamane Ricardo Tsakimp

ricardo tsakimp

ricardo tsakimp

Un lecteur du blog chevronné m’a fait remarqué que je n’avais pas illustré l’article du chamane : Ricardo Tsakimp par la bonne photo !
Ne l’ayant jamais rencontré moi même personnellement, je m’étais effectivement laissé abusé par les mauvais liens d’internet.


L’abus est réparé : puisque voilà la vraie photo de Ricardo :

retours de lecteurs sur Uwishin, conte chamanique

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire part de quelques commentaires récents envoyés sur le facebook du livre.
Une lectrice :
Mon frère l’a “kiffé grave” (je cite ses propos) et je vais profiter de mon petit séjour romaine pour le lui chipper et le lire !


Un lecteur :
bah c simple j’ai pas fini les 3 derniers romans que j’avais acheté, et celui la je l’ai lu d’un trait. Bref, je dirai que c’est LE roman qui m’a réconcilié avec la lecture.

Uwishin le roman chamanique, en vente sur amazon

Google c’est Internet, et les livres, c’est Amazon. Vous le voulez pas, ok moi non plus mais alors on fait quoi ? Comme tout auteur je n’ai pas eu le choix que d’attendre la mise en ligne de mon roman Uwishin conte chamanique pour stars sous Prozac sur cette immense librairie en ligne. Pour tous ceux qui veulent acheter mon roman plutôt sur Amazon que sur ce site, allez y !
http://www.amazon.fr/Uwishin-conte-shamanique-stars-Prozac/dp/2915785627/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1258498713&sr=1-1

Opéra rauque film Séoul, Corée du Sud

Opéra Coréen

Opéra Coréen

Il y a quelque chose de la transe, du chamanisme, dans les opéra sur coréen. Cette article pourra peut être vous en convaincre.

Des arts vocaux traditionnels coréens, le pansori est le plus populaire. Ce chant à la technique complexe, sorti du fond des âges et de la glotte, est en pleine renaissance.

Automne 2006, Séoul. Techno et pop coréennes sont de rigueur dans les bars pavoisés de néons du quartier Jongno. Sanglés dans leurs costumes-cravate, les employés de bureau se détendent à coups de soju, le tord-boyaux local à base de patate douce – ils travaillent chaque année mille heures de plus que nous, et sont les artisans du « miracle coréen » qui a hissé leur petit pays au rang de dixième puissance économique mondiale.

La société coréenne est ultra-patriarcale, les jeunes filles vont souvent dans des établissements scolaires séparés où on leur enseigne les bonnes manières avant d’organiser, pour elles, des mariages arrangés. Pourtant, les adolescentes aux tenues sexy sont légion dans cette gigantesque ville (douze millions d’habitants) de tours et de cités-dortoirs adossée à de verdoyantes collines. Des lolitas, on en croise par exemple à l’université des Arts coréens, de l’autre côté du fleuve Han, où sont dispensés des cours de danse, de théâtre, de cinéma et de musique traditionnelle. Dans ce cube de béton, le musicien Kim Duk-soo organise ses répétitions. L’autoritaire et rieur meneur de troupe à barbichette de 54 ans a donné, depuis 1978, un impressionnant coup de jeune aux gongs et aux tambours chamaniques de Corée – lesquels sont devenus, dans les années 80, porte-voix des manifestations étudiantes contre la dictature militaire.

Le clou de l’actuel spectacle monté par Kim Duk-soo est un tout jeune chanteur de pansori, cet incantatoire rap antique aux frontières de la transe si magnifiquement filmé par Im Kwon-taek : dans La Chanteuse de pansori, le réalisateur racontait le cruel apprentissage d’une orpheline à qui son père adoptif avait enlevé la vue pour qu’elle puisse mieux se concentrer sur son art. Un peu conteur, un peu bateleur, le visage grimaçant (à cause de la douleur infligée à ses cordes vocales), le jeune chanteur du groupe Samulnori perpétue superbement la tradition pansori. Il ferait presque mentir la prêtresse du genre, la piquante Ahn Sook-sun (58 ans), qui sait d’expérience qu’un bon interprète de pansori est celui « qui a vécu les avanies de l’existence et sait les incorporer à son art de chanter ». Elle qui fut la voix « adulte » de La Chanteuse de pansori, d’Im Kwon-taek, est déjà venue au Festival d’automne en 2002 et assure aujourd’hui la direction artistique du Sori Festival de Jeonju, grande ville fleurie du sud du pays. Même quand elle parle, Ahn Sook-sun a cette étrange voix écorchée caractéristique du pansori. « Pour acquérir “le son”, dit-elle, nous nous exerçons en pleine nature, nous y apprenons à rivaliser avec le fracas des cascades. C’est ce qu’on appelle “se râper” la gorge au point de saigner, car les cicatrices infligées aux cordes vocales amplifient leur vigueur. Un bon chanteur de pansori a quatre ou cinq octaves. » Ahn Sook-sun a commencé son apprentissage à 9 ans, dans un institut de musique, puis avec les plus grands maîtres du pays. A ses débuts, le pansori était encore un art nomade chanté lors des fêtes de village. « Nous avions un petit tapis, un paravent, des parasols et des coussins en bambou pour installer notre théâtre itinérant. » Dans ce dispositif à une voix incarnant tous les personnages de l’histoire chantée, l’éventail reste encore un outil essentiel : plié et déplié plus ou moins violemment, plus ou moins tendrement, il rythme les sentiments exprimés, se transformant en bâton, en lettre, en cheval, en rivière, en montagne, en maison. L’autre élément clef est le tambour puk, qui ponctue en coups secs des psalmodies aux étranges secousses glottales et aux hallucinantes vociférations rauques, approuvées par les frémissements et les interjections du public.

Parlé et chanté, le lamento du pansori conte, en vers, des histoires de mandarins tout-puissants, de frères cupides et de jeunes filles dévouées. Il reste le plus populaire des genres traditionnels malgré les censures infligées dans la première moitié du XXe siècle par l’occupant japonais, qui contraignait les chanteurs à magnifier la langue et l’histoire nippones. Sur les douze récits qui remontent à la nuit des temps, seuls cinq sont encore pratiqués aujourd’hui et transmis oralement. « Certains pansori durent dix heures, explique Ahn Sook-sun. C’est comme un marathon, il faut s’entraîner sans cesse, même une pause pourrait mettre nos performances vocales en danger. La base du pansori est le souffle : notre respiration elle-même devient chant et musique. Il faut pouvoir communier avec l’univers pour ensuite pénétrer le cœur de l’auditoire et l’inciter à laisser aller son imagination, à souffler et à respirer avec nous, chanteurs. »

Comme la plupart des musiques de ce pays bouddhiste, confucianiste, taoïste et chrétien, le pansori sert davantage à « purifier l’âme » qu’à l’exprimer. Les musiques classiques de cour pour cithares, flûtes et vièles visent elles aussi à établir « une harmonie cosmique ». Les aristocrates et les lettrés, qui raffolent de ces « musiques de l’immobilité » nommées jeonga, ont toujours eu un brin de mépris pour les genres roturiers souvent ancrés dans le chamanisme. Ainsi la placide chanteuse Lee Jun-ah, à la cristalline voix évanescente, lâche-t-elle, un peu dédaigneuse, que « le pansori exprime des sentiments assez brutaux, alors que le jeonga invite au contraire à une grande réserve émotionnelle ». En Corée, la bataille entre les musiques « nobles » et « plébéiennes » est toujours vivace, quoique le pansori ait été accepté à la cour au XVIIIe siècle. Il y a un monde, il est vrai, entre l’immuable austérité introspective du jeonga et le ton moqueur des chants paysans, largement improvisés, qui ont toujours brocardé les puissants et se font de plus en plus impertinents dans leurs versions actuelles.

Blessée à vif par des siècles d’invasion étrangère et par la partition Nord-Sud de 1946, la Corée, républicaine depuis 1948, reste, malgré l’occidentalisation galopante du mode de vie, fermement rivée à ses anciennes valeurs confucianistes (le civisme, l’austérité, le respect de la hiérarchie sont des moteurs de sa réussite économique). Les musiques ne bénéficient pas, comme le cinéma, de quotas de défense des productions locales, mais d’imposants centres culturels aux architectures solennelles sont dédiés aux arts ancestraux, financés par le ministère de la Culture, qui ne fait qu’un, depuis 1998, avec… celui du Tourisme. Cette fière défense de l’identité nationale était manifeste lors de l’édition 2006 du Sori Festival, mais à côté de nombreuses formations purement traditionnelles, on a pu y entendre des métissages tous azimuts avec le rock, le jazz, le hip-hop. « Nos traditions doivent s’adapter à l’ère du digital », clame Kim Duk-soo. A condition, ajoute-t-il, que les musiques populaires n’oublient jamais d’être aussi « aigres, douces et amères » que le kimchi, le chou fermenté et pimenté qui est de tous les repas coréens.

Duk-soo a fait le tour du monde et séduit Bill Laswell qui, dès 1988, a produit son album Record of changes (1). En 1998, dans les coulisses du Festival d’Avignon, le coup de foudre fut réciproque entre le maître des percussions et Ariane Mnouchkine qui, depuis, l’a accueilli plusieurs fois au Théâtre du Soleil. Elle récidive cette année en le recevant, à la Cartoucherie du bois de Vincennes, à l’occasion de la saison Corée au cœur.

Les réducteurs de tête Jivaros et le Tsantza dans le roman Uwishin

Guerrier Shuar

Guerrier Shuar

Le roman Uwishin se déroule en grande partie au sein de tribus Shuars. Les Shuars font parti d’un groupe plus large appelé Jivaros.
Jivaros est un surnom péjoratif donné par les conquistadors qui signifie “sauvage” ou “barbare”. De manière assez amusante ce terme est aujourd’hui repris par les tribus pour désigner ceux des leurs qui s’exhilent pour aller vivre en banlieue des grandes villes. Les Jivaros réunissent des tribus de la forêt du Pérou et d’Equateur. Cette dernière considérations ne datent que des guerres de 1941 avec la vrai séparation de la forêt entre Pérou et Equateur.
Les Jivaros sont avant tout connu aujourd’hui, au delà du chamanisme des guérisseurs curanderos et leur l’ayahuasca, pour leur réputation de réducteurs de têtes.
La premières trace de la férocité des guerriers Jivaros est manifestée par les Incas au milieu du 15ème siècle qui hésitent à leur chercher querelle : en plus d’être de redoutables guerriers maitrisant les poisons et la forêt, ils ne font pas de prisonnier. Le moral des troupes adverses en est un peu entammé.
Pourquoi ne font-ils pas de prisonniers ? Pas uniquement par férocité guerrière, mais aussi car chaque guerrier cherche à s’approprier la force du guerrier adverse qu’il a tué (son Arutam). Hors pour s’approprier cet Arutam, il faut couper la tête de l’adversaire, et se l’approprier, à travers une cérémonie qu’on appelle le Tsantza, que pratique Shakaim dans le roman Uwishin.


Tsantza aux poils de nez longs

Tsantza aux poils de nez longs

En replongeant dans l’histoire, on imagine la terreur des conquistadors face à ces guerriers portant des têtes réduites de leurs ennemis vaincus autour du cou, et le surnom de barbare (jivajo).


Hors, et de manière tout à fait passionnante, il n’y a rien de barbare dans la cérémonie du Tsantza : en réalité le guerrier demande pardon à son ennemi et l’implore de ne pas chercher à se venger. La cérémonie est longue : en général 7 jours, au cours du quel le guerrier chante et travaille la tête de son adversaire jusqu’à ce qu’elle devienne une vrai oeuvre d’art.
Le tout se fini dans un grand banquet, une fête du guerrier avec toute sa tribu.


Ce qui est amusant c’est que dès le milieu du 19ème siècle les européens se prire un goût pour ces têtes réduites “barbares”, et se mirent à en acheter et à en importer, pour des musées, des collections particulières… Il fallut trouver des ennemis pour approvisionner un tel marché ! Ils se retrouvèrent même à en faire des faux !! Ah … Ces européens.

Depuis le milieu du 20ème siècle, ces pratiques sont réprimées très fermement par les gouvernement péruvien et équatorien, et on ne les trouve plus que dans le secret des tribus dans les sombres forêt, si tant est qu’on les trouve encore.


Tsantza

Tsantza

Dans le roman Uwishin, Shakaim pratique donc la cérémonie du Tsantza, mais pressé par le temps et peu éduqué à celle-ci, il commet quelques impairs ou raccourci :
tout d’abord la cérémonie durent normalement 7 jours et se termine par un festin. Alors que Shakaim la réalise plus rapidement et st tout seul à la fin.

Par contre dans son déroulement, les invocations à Ayuumpum (esprit de la transition vie/mort), le passage de l’arutam du guerrier vaincu vers Shakaim vainqueur, on retrouve tout à fait l’évolution du rituel.
Shakaim chante aussi un bout du ajaj meset (fin de la haine du guerrier vaincu, que les herbes poussent là où il est mort etc…). Il chante aussi les épisodes de haine et de joie avec l’autre guerrier, afin de se réconcilier avec lui et qu’il ne cherche pas à se venger dans le futur.


D’un point de vue purement technique, pour la réalisation du Tsantza (tête réduite) :
Le guerrier vainqueur coupe la tête du guerrier vaincu, puis la vide totalement (y compris les os, ce qui fera ensuite réduire la tête, d’où le nom).
Ensuite la peau de la tête est plongée dans un bouillon de baies, pendant assez peu de temps (quelques heures). Ainsi les poils et les cheveux restent, mais la tête réduit considérablement (moins d’un tiers de sa taille de départ!).
Ici il y a une différence majeure dans le roman : Shakaim ne sait pas faire cette préparation, et se contente donc de faire chauffer la tête, ce qui a pour effet de faire brûler les poils et cheveux de son tsantza.
Ensuite, théoriquement le guerrier couds les trous des yeux et de la bouche, avant de mettre des caoilloux chauds dans la tête (ce que fait Shakaim dans le roman), puis de combler le tout avec du sable à plusieurs reprises.
Ensuite le guerrier sculpte la forme de la tête, et la “peind” avec un charbon.


Tsantza de Rambo

Tsantza de Rambo

Il n’a plus qu’à percer des trous et s’en faire un pendentif !

Et voilà !! Alors, qu’en pensez vous ? pas si barbares que ça ces Jivaros ! Ca vaut pas la bombe Tsar des Russe ou la MOAB des ricains.



Les NéoChamanes pratiquent-ils plus de Sexe ? (Néo-chamanisme et charlatanisme)

Est-ce que les NéoChamanes ont plus de Sexe ?


La spiritualité New-Age est-elle plus qu’une vieille religion dépoussiérée ? Cet article de Robert Wright est sorti le 29 juillet 2009 - je le retraduis en le sauçant à ma sauce, surtout sur la fin, perce qu’il est en anglais. Je l’ai trouvé assez dans la lignée du roman Uwishin dans certains thèmes, alors je vous le livre (traduction maison, désolé si ça ripe parfois. Merci Pat pour la source).

Néo chamanisme New Age

Néo chamanisme New Age


Est-ce que ce ne serait pas génial d’être de retour à l’âge de pierre (ou de glace ;).
Avant que la quête spirituelle de l’homme ne soit corrompue par “une religion masculine dogmatique”.
De retour à cette époque ou les chamanes spirituels leaders pouvait vous emmener dans leurs univers magique, montrer la vérité derrière l’apparente réalité et nous donner une intuition sur “comment l’univers fonctionne vraiment” ?


Cette citation vient de Leo Rutherford, un des avocats du neo-shamanisme, une sous famille du néo-payanisme, qui est lui même une sous branche de ce qu’on appelle la spiritualité ou le mouvement New Age.
l’idée de base qu’il y eu un âge d’or spirituel à une époque de spiritualité pure, mais que cet âge d’or est désormais derrière nous. Leur but, leur vision est de nous permettre de s’y retrouver.


Mais j’ai du mal à croire que la démarche des chamanes new age autoproclamée soit totalement désintéressée ou qu’ils ne soient pas manipulés.
Pourquoi ne le seraient-ils pas ? Comment auraient-ils pu survivre à toutes les tentations sur la route de leur élévation et de leur partage… Alors que c’est si tentant une fois qu’on a cette forme d’ascendant.

Si on prend d’ailleurs les traces des shamans préhistoriques, ou juste d’il y a longtemps mais déjà historique, on se rend compte d’une grande part de supercherie déjà à l’époque :
faux sang, outils cachés pour faire comme des tours de magie, et bien sur les rançons : obligé de payer à manger, à boire ou autre pour se faire soigner…

Pas tellement différent que ce que l’on voit aujourd’hui, sauf que les tribus ont un peu grossi…
Quel est le lien avec le titre ? Bah juste qu’un shaman, ça peu être comme un gourou, et qu’avant de se retrouver dans son pieux vaut mieux se poser quand même deux trois questions :)
Surtout s’il demande d’y passer…

 

mars 2010
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