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Archive for the ‘L’ayahuasca’ Category

Où trouver de l’ayahuasca ?? Drôle de question ! Et belle réponse…

Ayahuasca Perou

Ayahuasca Perou

Comme je vous l’avais déjà raconté, je reçois régulièrement des personnes me demandant où trouver de l’ayahuasca. Je ne sais jamais vraiment quoi leur répondre et même parfois je ne répondais pas.

La question a été posée encore il n’y a pas longtemps sur le forum par Etienne dans ce post : ayahuasca et chalipanga
Mais cette fois la réponse de Nattahiti m’a scotché ! J’ai jamais fait mieux (ou aussi bien). D’abord merci Nattahiti, et surtout je me permets de reposter sa réponse pour que tout le monde en profite et je renverrai le lien à tous ceux qui me posent la question maintenant !


Question de Etienne : « Je vais en equateur en septembre prochain, est ce que quelqu’un sait ou aller pour trouver de l’ayahuasca ? »
Réponse de Nattahiti : « 
C’est une drôle de question… chercher/trouver de l’ayahuasca, ça ne veut rien dire à mon sens…

Au mieux, au cours de ton voyage, si tu es à l’écoute, tu auras la chance de rencontrer un “curandero” (ce que nous occidentaux, appelons chaman) qui te proposera de t’initier à l’ayahuasca au cours d’une cérémonie.

Laisses faire, lâches-prise et les choses se feront d’elle même si elles doivent se faire.

Il me semble que c’est à chacun de trouver son propre chemin et surtout: de sentir…sentir la personne, le lieu, le moment…

En tout cas, c’est ainsi que j’ai vécu mon initiation, cet été, dans la vallée sacrée au Pérou…

Ma route a croisé celle d’un “curandero”…u détour d’une rue, d’un magasin…alors que je ne cherchais rien et que je ne connaissais rien de tout ça (par contre, je suis très à l’écoute de mes ressentis et dans une recherche personnelle).

Ce fût une rencontre étonnante, un ressenti énèrgetique. Entre discussions et longs silences, j’ai senti que quelquechose se passait…dire quoi, comment…je n’en sais rien. Mais il s’est passé quelquechose. Il m’a expliqué tout un tas de choses, j’avais entrouvert une porte sur le monde du chamanisme…Quelle découverte!

J’ai poursuivi mon voyage, mais l’idée de revenir voir cet homme et d’accepter sa proposition de m’initier à ayahuasca lors d’une cerémonie est très vite devenue une évidence. Je ne pouvais plus partir du Pérou sans vivre ça…

Une semaine après, je revenais le voir…Je suis entrée dans un autre monde, un monde subtil. L’expérience a été extraordinaire au niveau des ressentis, des perceptions et de la connaissance de soi…et j’y pense encore souvent, même des mois après…

Je te souhaite une telle rencontre. Sois juste ouvert à ce qu’il se passe autour et à l’intérieur de toi…

Suerte!
« 


A bon entendeur !

La préparation du yagé avec l’ayahuasca et le chaliponga

Yagé

Yagé

La préparation du yagé ou natem, la boisson qui amène les visions, est une préparation longue mais assez simple, pour qui sait la pratiquer. En effet on entend beaucoup de monde tenter un peu n’impore comment de le réaliser et tout se fini en vomi pittoyable.  Sans doute parce qu’on ne peut le dissocier de la dimension spirituelle qui l’entourre. En voici ses composants, et la réalisation.

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L’ayahuasca tout seul ne fait rien. C’est le mélange et la lente infusion avec le chaliponga (ou chilipanga, ou chalipanga) qui produit la réaction amenant à la boisson de la vision.

Feuilles de Chaliponga

Feuilles de Chaliponga

L’ayahuasca est une liane, dont on extrait l’écorce. Le chaliponga est un petit arbuste dont on récolte les feuilles. D’autres mélanges peuvent être effectués, mais celui ci est le plus courant et le plus puissant.

On met le tout dans une bassine, avec de l’eau, et puis pendant environ 8 heures, on laisse réduire. Il ne reste qu’à filtrer la potion qui en résulte, très foncée. Ce n’est que la recette. Il reste la pratique, la connaissance, et l’encadrement de la pratique, pour espérer voir le serpent originel.

Liane d'ayahuasca

Liane d'ayahuasca

Petit guide des Yagé, natem, chalipanga, ayahuasca chacruna et chaliponga

J’ai fait relire par des personnes connaissant bien et pratiquant les rituels chamaniques mon livre afin d’en valider les démarches exposées. Je tiens ici à apporter quelques précision sur les constituants du natem (ou yagé), substances absorbée par les chamans de mon roman afin d’avoir des visions et de communiquer avec les esprits.


Il faut deux ingrédients : du chalipanga (ou chaliponga), et la très connue lianna AYAHUASCA. On parle souvent de l’ayahuasca en tant que source des visions, et on me demande régulièrement où trouver de l’ayahuasca en Europe (si si je vous assure :)
Il faut savoir que même si l’ayahuasca est considéré comme un stupéfiant en EUrope (au Canada ou dans d’autres pays il est toléré dans le cadre de pratiques rituelles), est absolument sans effet seul. Machonnez une lianne vous verrez (bon courage quand même c’est fibreux).

Préparation d'ayahuasca

Préparation d'ayahuasca


C’est le fait de mélanger et de faire bouillier ensemble l’ayahuasca avec les feuilles de chalipanga ou de chacruna qui amène au résultat hallucinogène (le seul équivalent est le payot avec sa mescaline).
Là on arrive sur le deuxième point : certains parlent de chacruna, d’autres de challiponga. Il faut savoir que les deux arbustes font des feuilles qui fonctionnent pour faire le mélange, donc on peut préparer le natem (ou yage) avec l’un ou l’autre.
Simplement le chaliponga est beaucoup plus fort, donc il faut avoir l’esprit ncore mieux accrocher pour tolérer ses visions. A savoir que les centres chamanique qui font découvrir ces expériences aux étrangers préparent le natem à base de chacruna moins forte, pour éviter de gros bad trip (c’est déjà extrêmement fort!!)
Donc qu’on parle de l’un ou de l’autre tout le monde à raison, ça marche avec les deux (pour fermer des débats que j’ai eu avec des personnes ne connaissant que l’un ou l’autre).


Je fais ici une parenthèse sur la perception des chamans eux-mêmes. COmment les chamans ont pu découvrir que mélanger ces plantes faisait cet effet ? (c’est totalement improbable de mélanger justement cette liane avec ces feuilles rares!), et ceci dans plusieurs coins de la forêt amazonienne.
La réponse qui m’a été apportée est la même que pour les plantes donc ils se servent de manière médicale (ils ont un arsenal de remède )à chaque mal, à chaque fois avec une ou plusieurs plantes mélangées :
ils repondent : la plante ou les esprits nous disent à quoi elle servent, nous n’essayons pas, nous savons à l’avance.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, il est connu que les plantes un peu comme le règne animal avec les phéromones, peuvent communiquer… de là à comprendre comme cela est possible il y a encore un gouffre, je l’admets. Mais je ne cherche pas trop à comprendre :)
Je reprends …


Normalement la plante se cultive par les shamanes pour l´usage en ayahuasca, le mélange consiste d´une combinaison d´un inhibiteur-MAO et une plante contenant le DMT. Diplopterys cabrerana le produit dans ses feuilles, et la concentration est forte. Chaliponga contient 5 à 10 fois plus d´alkaloïdes que la chacruna (Psychotria viridis). Quelques tribus, comme la Harakmbet ou les shuars, sont d´avis que on passe un ´examen final´ avec de l´ ayahuasca fait de la chaliponga, après quatre ou cinq trips (voyages) avec de l´ayahuasca et de la chacruna mixé et bouillies dans de l’haut pendant plusieurs heures. Lé décoction ainsi obtenue est appelée yagé ou natem.
Le natem ouvre les portes du vraie monde. On pourrait dire que l’ayahuasca est la paire de lunette qui permet de voir ce que provoque le challipanga (ou chaliponga, ou chalipanga) ou la chacruna (équivalent moins fort)


L’ayahuasca, chapitre 4

Nature et Règne Végétal

Nature et Règne Végétal

Suite et fin de ce passionnant papier, avant de se jeter d’en d’autres.
A NE PAS rater, c’est dans ces quelques lignes qu’on touche -pour moi- au coeur.
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Même si l’évolution du vivant reste un grand mystère, prêter une telle intentionnalité aux plantes dépasse bien sûr notre entendement ou plus exactement notre… conception du monde. A l’inverse pour les peuples chamaniques, l’étroite symbiose et interdépendance des tous les êtres vivants s’impose comme une évidence. Il s’agit là d’une écologie intuitive et métaphorique qui s’élabore notamment à partir des rêves et des visions pour ensuite s’ancrer dans les mythes et les légendes.

Une phrase d’un chaman shuar résume bien cette position :  » On ne trouve pas les vertus thérapeutiques d’une plante donnée, c’est elle qui se manifeste à nous. « . Ainsi les Indiens prêtent-ils aux plantes une certaine mobilité dans l’espace-temps, une capacité de communication inter-espèce, voire des facultés anthropomorphes :  » Elles se mettent en travers de notre chemin ; elles nous appellent ; elles changent (d’attitude) si on leur parle. « . Or cela n’est qu’un langage métaphorique propre aux peuples chamaniques destiné à traduire leur conviction concernant l’existence d’un lien constant et quotidien entre les deux règnes vivants.

D’autres auteurs ont essayé d’élaborer des pistes de réflexion permettant d’objectiver cette cohérence du vivant, voire même de la matière en son entier (lacs, montagnes, étoiles…). Au travers de ces théories, l’enjeu majeur n’est pas tant de valider le savoir autochtone, mais de découvrir quel est le véritable mode d’acquisition de ce savoir dont on sait seulement qu’il est intuitif et non déductif. L’anthropologue Jeremy Narby, inspiré par le gène égoïste de Dawkins, a notamment suggéré que les visions réitératives de serpents enlacés pouvaient être des informations génétiques décodées par les chamans ayahuasqueros. Le physicien Joël Steinheimer pense que leurs chants de guérison (icaros, kamlanies), tout droit inspirés par les transes chamaniques, se calquent sur les structures vibratoires de certaines protéines humaines. Ripinsky-Naxon, sur les traces de David Bohm et de Rupert Sheldrake, évoque l’existence d’une mémoire de l’univers directement accessible aux chamans qui n’est pas sans rappeler le Dreamtime des aborigènes australiens.

Enfin, l’ethnobotaniste Terence Mc Kenna émet l’hypothèse que l’homnisation, c’est-à-dire l’augmentation de la volume cérébral et l’acquisition du langage, n’a pu se faire que par l’incorporation accidentelle mais répétée de composés psychotropes dans l’alimentation de certains singes Pour beaucoup d’anthropologues (essentiellement européens) et d’ethnopsychiatres, ces différentes théories correspondent à ce que Jean-Pierre Chaumeil a appelé un  » durcissement des approches du chamanisme visant à lui trouver des bases plus rationnelles « . Il va sans dire que l’ensemble des pratiques chamaniques ne procèdent pas forcément d’une haute inventivité dans le domaine des sciences de la nature et que bon nombre d’entre elles telles que les actes de sorcellerie par exemple, relèvent pour une bonne part des sciences sociales.

Dans cette perspective, on peut avancer que les chamans ne parviennent pas toujours à obtenir des  » visions signifiantes  » et qu’ils doivent alors se contenter de leurs acquis antérieurs (ou culturels, archétypaux diront les ethnopsychiatres) pour soigner dans l’urgence l’infortune pour laquelle on les sollicite.

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

Ecoutez une séance de transe sous Ayahuasca

Profitons un peu des nouveaux médias pour découvrir de nouveaux horizons avec cet enregistrement venu d’ailleurs : un enregistrement audio d’une véritable transe shamanique d’un uwishin sous ayahuasca !

Transe shamanique sous ayahuasca

L’ayahuasca chapitre 3 (suite directe du 2)

Voici la suite de l’excellent papier de Jean-Patrick Costa, dont voici les références : La transe chamanique et les origines du savoir autochtone / Communication au Colloque France-Culture  » De la transe à l’hypnose  »
Université Libre de Bruxelles, Septembre 2002

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Cette énumération de caractéristiques distinctes montrent à quel point les deux grands règnes vivants ont choisi des voies d’évolution totalement différentes. Si le règne animal a opté pour une évolution génétique trans-générationnelle, le règne végétal a misé sur une évolution tout azimut incluant le trans et l’intra générationnel. La co-évolution élaborée par les orchidées est à cet égard l’exemple le plus marquant : une fleur non seulement émet des exophéromones à plus de cent mètres de distance pour capter l’intérêt des abeilles mâles,
mais elle parvient aussi à les leurrer en reproduisant physiquement les contours d’un hypothétique partenaire, tout ceci pour assurer une reproduction sexué dont le seul avantage est sa dissémination sur de vastes distances… Ainsi l’orchidée utilise-t-elle les abeilles pour voyager !
A partir de cet exemple, il est légitime de se poser la question si les plantes n’utiliseraient pas l’homme pour assurer leur dissémination, même si cela devait être au prix de quelques modifications phytochimiques mineures. Dans un monde qui perdrait toute once d’anthropocentrisme, voici que des plantes produiraient des composés psychotropes à la seul fin d’assurer leur reproduction, alors que
d’autres opteraient pour la production d’amidon aux vertus alimentaires dans le but de coloniser la terre…
Si les plantes tentaient de communiquer avec l’homme, il y a fort à parier qu’elles utiliseraient l’une des spécificités du genre humain, la culture. Dans les sociétés sédentaires agricoles, on peut par exemple s’interroger sur le degré de coopération des plantes dans les phénomènes ayant concourus à leur domestication. En d’autres termes, les céréales ont-elles été transformées de manière passive par les premiers agriculteurs ou bien ont-elles pris une part active à cette évolution ? Ailleurs, on observe que les sociétés semi-nomades ont sacralisé leur source alimentaire sylvestre principale comme le palmier sagoutier, au point d’en assurer une gestion rigoureuse. Qui donc des hommes ou du palmier en tire le meilleur profit ? Enfin, chez les peuples chasseurs-cueilleurs, au demeurant peu transformistes de leur environnement, les plantes psychoactives peuvent être vues comme une réponse adaptative dans un contexte de co-évolution.

 

Merci à Arutam pour le texte.
(c) Arutam
http://www.arutam.fr/Ayahuasca.html

 

février 2012
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